Janvier

Chapelle Saint-Armel

Chapelle Saint-Armel, années 1930 © Archives de Lorient – Fonds paroisse Sainte-Thérèse de Keryado - 21 Fi 6
Chapelle Saint-Armel, années 1930 © Archives de Lorient – Fonds paroisse Sainte-Thérèse de Keryado - 21 Fi 6

Chapelle Saint-Armel, années 1930

Comme la chapelle Saint-Christophe à Kerentrech, la chapelle Saint-Armel à Keryado dépend de la châtellenie de Tréfaven.

La chapelle Saint-Armel haute de 8,50 mètres, longue de 16,28 mètres pour une largeur de 7,75 mètres. Le clocher en pierre de taille de granit, qui renferme une cloche en bronze, a une hauteur de 3,05 mètres. La sacristie, haute de 5,35 mètres, a une longueur de 2,52 mètres. Les façades, les murs latéraux et la sacristie sont en moellon de granit parementé et rejointoyé. L’encadrement des baies, chaines d’angle et chevronnières est en pierre de taille de granit bouchardé. Les marches d’entrée et de descente de la chapelle à la sacristie sont en pierre de taille de granit. Les ouvertures sont en chêne et grillagée pour les croisées. La toiture est composée d’ardoises sur voliges. Le dallage de la chapelle est en pierre de taille de granit tandis l’emplacement du chœur et de la sacristie est en plancher bois dur avec une surélévation de 40 centimètres pour le chœur. Le plafond de la chapelle est composé de très belles voutes en bois sculpté et vernis. Celui de la sacristie est en bois avec une peinture à l’huile. Les murs de la sacristie qui a un grand placard scellé et ceux de la chapelle sont enduits de chaux et badigeon alors que ceux du chœur et sur toute la hauteur, sont recouverts de lambris en bois sculpté et vernis. Un reliquaire contenant les reliques de Saint Irénée, Saint Caste et Saint Fructueux y est transféré le 17 juillet 1842. Il y a trois statues moulées et un chemin de Croix installé en octobre 1865. L’autel et la table saint sont en bois sculpté et vernis. L’édifice est également équipé d’un confessionnal et d’un prie-Dieu. Du côté de l’entrée, un navire de 80 centimètres de long est suspendu.

Au XVIIe siècle, elle est essentiellement desservies aux principales fêtes de l’année et aux jours de pardons. Un vicaire de Ploemeur recoit alors des princes de Guémené un traitement de douze livres par an. Jusqu’à l’ouverture de la chapelle Saint-Joseph (La Cabane) de la rue Pierre Huet, des messes y sont célébrées par le curé de Ploemeur. Ensuite, seul des messes lors du pardon de Saint-Armel y sont célébrées. Lors du pardon, qui remonte à des temps immémoriaux, les pèlerins se rendent à la fontaine, non loin de la chapelle, près de l’ancienne ferme Esvan, qui selon les croyants, guérit de la goutte et des rhumatismes. Encore présente au début des années 1960, la fontaine disparait avec l’alignement de la rue Marie Le Franc.

Au cours des années 1930, le pardon de Saint-Armel est marqué par les relations entre le maire et le recteur Basile Le Gal dont Giovannino Guareschi aurait pu s’inspirer pour créer ses personnages de Don Camillo et Peppone. Dès sa nomination en 1935 et s’appuyant sur l’arrêté municipal de 1904 interdisant les processions, le maire Jean Le Maux, homme sanguin réputé pour son fort caractère, s’oppose aux manifestations à caractère religieux qui ont lieu sur la voie publique mais il se cristallise jusqu’en 1939 autour de la volonté municipale d’interdire la procession du pardon de Saint-Armel.
Le 21 juillet 1935, le maire se rend au village de Saint-Armel, accompagné de nombreux partisans, déterminé à stopper la procession. La maréchaussée (police) assiste sans intervenir à la confrontation des deux hommes. Malgré les poings levés des nombreux opposants, les paroissiens entonnent des cantiques face aux partisans du maire qui répondent par l’Internationale. Le recteur et son cortège franchissent tout de même le barrage et peuvent ainsi accéder à la chapelle. L’année suivante, des troubles ont à nouveau lieu pendant le pardon de Saint-Armel. Le 20 mai 1937, c’est l’abbé Le Gal, au caractère tout aussi trempé, qui fait évacuer des petits vendeurs alors qu’ils sont dans la rue et non sur la propriété du clergé. De plus, il annonce, lors de la messe du 23 mai, une manifestation du presbytère à l’église pour accompagner l’évêque de Vannes. La tension avec la municipalité s’accroît. Le maire prend un nouvel arrêté le 28 mai 1937, interdisant toute procession sur la voie publique et stipulant que toute manifestation doit faire l’objet d’une demande préalable.

La bataille est aussi juridique. Chaque année, l’abbé Le Gal saisit le conseil d’État qui déboute à chaque fois le maire de Keryado. La crise s’amenuise avec le départ de Basile Le Gal en juin 1939, pour cause de maladie. Il est remplacé par le recteur Pierre Nicolas plus conciliant. Les relations avec Jean Le Maux sont moins tendues. Pourtant celui-ci, à la veille du pardon, alors qu’il l’avait autorisé, revient sur l’accord si bien que la messe se tient dans l’église Sainte-Thérèse.

Le pardon de Saint-Armel se poursuit jusqu’en 1942. Détruite par une bombe incendiaire lors du bombardement du 16 janvier 1943, la chapelle Saint-Armel serait aujourd’hui située rue Marie Le Franc (non loin de l’angle avec la rue Ferdinand Piriou). Ce bombardement s'explique par la présence non loin de là d'une batterie anti-aérienne allemande de la Flak (DCA). Les dommages de guerre pour sa reconstruction sont réaffectés à celle de l’église Notre-Dame de Victoire.