Février

Église paroissiale Saint-Louis

Projet de l’église paroissiale Saint-Louis, 1769 © Archives de Lorient – 2 Fi 533
Projet de l’église paroissiale Saint-Louis, 1769 © Archives de Lorient – 2 Fi 533

Projet de l’église paroissiale Saint-Louis
Perspective, plan du porche, plan du chœur et des autels de l'église telle qu'elle devait être suivant le premier plan,
1769
Gervais Guillois, architecte
72,2 x 107,5 cm

Il existe deux chapelles sur le territoire de Lorient avant 1666, la chapelle Saint-Christophe et la chapelle Saint-Armel. En 1670, une chapelle en bois est construite dans l’enclos du port. Et un premier baptême est célébré le 18 février 1671, celui de Jacques Grasset. Elle est remplacée cinq ans plus tard par une chapelle en pierre, dénommée Saint-Joseph, qui s’avère trop petite pour la population grandissante. Le 27 août 1702, le sénéchal Pierre Dondel fait don de terrains vagues et de landes hors de l'enclos pour construire une église, un presbytère et un cimetière. Le 6 septembre 1702, le roi donne 1 000 livres pour la construction d’une église et deux jours plus tard, la première pierre de l’église Saint-Louis est posée. En août 1704, le gros œuvre est achevé. Le 19 mars 1705, la messe est célébrée dans une église inachevée et qui reste longtemps dans le même état faute de moyens.  Lorient, qui dépendait dans un premier temps de Ploemeur, est érigée en paroisse le 18 février 1709 par Monseigneur d’Argouges. Les affaires publiques sont alors gérées par le Général de la Paroisse Saint-Louis et débattues par le Conseil de fabrique. La première réunion a lieu le 9 juin 1709.

Le projet d’agrandissement de l’église de l’architecte Gervais Guillois est approuvé en 1768 et la première pierre posée le 30 juin. Il est bien plus modeste que celui dessiné ci-contre. Les églises sont généralement orientées vers l’Est mais l’église Saint-Louis échappe à la règle, elle est construite suivant un axe Nord-Ouest–Sud-Est, pour une question d’esthétisme urbain : l’édifice est élevé dans l’axe de la rue du Morbihan (actuelle rue maréchal Foch). En 1786, d’importants travaux sont effectués sur la toiture. L’office est alors célébré dans les chapelles de la Miséricorde et de la Congrégation. De 1797 à 1821, la chapelle de la Miséricorde sert encore d'église paroissiale pendant de nouveaux travaux sur l'église. Remaniée à plusieurs reprises, l’église est véritablement achevée en 1828, avec la construction de la tour-clocher qui sert de phare à feu clignotant. Démolie en 1957, elle est symbolisée par une bande verticale colorée, sur la façade de l’immeuble Plein-ciel. C’est autour de l’église Saint-Louis que se concentrent, jusqu’à la Seconde Guerre mondiale, tous les équipements administratifs, éducatifs, sociaux et commerciaux.

La ville se développe selon deux axes, l’un en direction de Ploemeur et l’autre, en direction d’Hennebont, d’après un premier plan d’urbanisme dressé en 1707 par Pierre de Langlade et Isaac Robelin, puis un second avec alignement des rues, en 1735 par Thomas Dumains. En juin 1738, Lorient devient une communauté de ville et en 1744 elle reçoit ses armoiries et arbore sa devise : Ab oriente refulget , C’est de Lorient que resplendit la lumière. Le Roi ordonne également en 1744 le pavage de la ville et sa défense. Le mur d’enceinte, terrassé et bastionné, délimite un périmètre urbain de 31 hectares. La Ville conduit un important programme de travaux : l’Hôtel-Dieu, l’hôtel de ville, le théâtre, l’église Saint-Louis, un cimetière. En 1763, le conseil municipal donne les premiers noms aux rues et places de la ville. Les premiers quais de commerce sont construits sur le Faouëdic. Le quai d’Aiguillon (quai des Indes) est réalisé en 1766.