Henri Waquet

Henri Waquet
Henri Waquet

Henri Waquet naît à Lorient le 4 mars 1887. Il est l'un des enfants du docteur Louis Waquet (docteur du bureau municipal d’hygiène de la ville de Lorient) et de Marie Joséphine Guermeur. Elle est la petite fille du conventionnel Guermeur qui lia son nom aux mesures de pacification dans les départements de l’Ouest après la chute de Robespierre.

Originaire du Quesnoy (Nord), le grand-père Waquet arrive dans le Morbihan en tant qu’éducateur puis y termine sa carrière en tant qu’inspecteur d’académie.
Élève brillant, Henri Waquet obtient son baccalauréat au lycée de Lorient où il montre un grand talent pour le latin. Il entre à l’école nationale des Chartes en novembre 1907 avec le numéro 1. Il obtient son diplôme d’archiviste paléographe lors de la promotion 1911, grâce à sa soutenance de thèse sur l’organisation et l’histoire administratives d’un bailliage royal aux XIIIe et XIVe siècles. Le bailliage de Vermandois (pays Picard). Sorti en tête de sa promotion, la même année, il devient membre de l’école française de Rome.

En 1912, il quitte Rome pour être nommé au poste vacant d’archiviste départemental du Finistère et parallèlement, il occupe la fonction de conservateur des Antiquités et objets d'arts du Finistère à partir de 1915. Pendant la Première Guerre mondiale, il remplit, en plus, les fonctions de professeur de lettres au lycée de Quimper.
Le 19 août 1916, il épouse à Lorient Marie-Amelot avec qui il aura 6 enfants.
En 1923, il est nommé conservateur du musée départemental à Quimper.

Féru d’histoire, il s'implique dès 1911 dans la société archéologique du Finistère dont il devient président en 1922 et jusqu'à son décès. Il participe activement aux travaux de la société d'histoire et d'archéologie de Bretagne et écrit également de nombreux articles et ouvrages parmi lesquels Vieilles pierres bretonnes (1920), L’Art breton (1933), Visages de la Bretagne (1941), Histoire de la Bretagne (1943), Manuel des études finistériennes (1948) Guimiliau (1952), Tableau de Bretagne (1957).

Le 17 septembre 1940, Boris Vildé qui vient de créer avec des collègues de Musée de l’Homme un réseau de résistance rassemblant des intellectuels, contacte Henri Waquet connu pour ses positions contre l’occupation allemande. Le 23 avril 1941, il est arrêté à Quimper par la Gestapo. Transféré à la prison Jacques-Cartier de rennes, il est libéré le 13 mai. Le 5 juillet, il est à nouveau arrêté et comparaît devant le tribunal de Quimper. Durant son audience, il parle de son admiration pour le général De Gaulle depuis 1940 : il est condamné à 10 ans de réclusion « pour avoir eu connaissance d’un plan de haute trahison ».

Le même jour, il est nommé par le Secrétaire d’État à l’Éducation et à la Jeunesse membre de la commission d’études pour la rédaction et le choix d’une histoire de la Bretagne à l’usage de l’enseignement. Cette nomination est la suite logique de la co-signature le 1er décembre 1940 par Henri Waquet d’un « Placet au Maréchal Pétain, chef de l’État Français » en faveur de l’obligation de l’enseignement du breton dans toutes les écoles de la Province. Il militait en effet depuis 25 ans pour l’enseignement du breton en Bretagne, tout en réaffirmant à de nombreuses reprises son hostilité à l’autonomie de la Bretagne et son mépris pour les autonomistes, devenus pour beaucoup pro-nazis. La condamnation d’Henri Waquet est finalement cassée et il est libéré le 3 avril 1942. Nommé immédiatement directeur des Archives départementales de Dordogne, il rejoint Périgueux fin mai 1942. Entièrement concentré sur ses nouvelles responsabilités administratives et scientifiques, il reste alors en marge des actions de la Résistance et peut regagner Quimper en novembre 1944.

En 1945, il est nommé correspondant de la Commission d'histoire de l'occupation et de la libération de la France pour le Finistère.

En mai 1946, il est élu président de l’AAF (Association des Archivistes Français). Cependant, son rôle actif de relais de propagande des réseaux résistants de septembre 1940 à juillet 1941, son militantisme précoce en faveur de l’action de de Gaulle, ses prises de position publiques anti-autonomistes, ses emprisonnements et condamnation politiques font qu’en 1949 lui est attribuée la carte d’identité des Forces Françaises Libres, puis en 1952 la carte d’interné-résistant.

Ardent défenseur de la langue et de la culture bretonne qui s’est toujours opposé aux thèses autonomistes, Henri Waquet décède à Quimper le 21 juillet 1958. Le 21 janvier 1937, il avait été nommé Chevalier de la Légion d'Honneur. Membre correspondant de l’Institut de France depuis 1954, il est également nommé Commandeur des palmes académiques en mars 1958.

Sources :

- Article biographique sur Henri Waquet. A. Pocquet, Bibliothèque de l'école des Chartes, volume 116, Numéro 1, pp. 306-310, 1958
- https://fr.wikipedia.org/wiki/Henri_Waquet
- Les platanes du vieux bahut, histoire du lycée Dupuy de Lôme des origines à 1939. Victor Le Roch. Éditions de l’Université du temps Libre du Pays de Lorient, Cahier n°11, réédition, septembre 1999