Henry Verrière

Portrait d'Henry Verrière
Portrait d'Henry Verrière

Henry Verrière était un polytechnicien, ingénieur des Ponts et Chaussées, auteur et réalisateur du projet du port de pêche ainsi que du frigorifique. Il sera aussi directeur général de la société gestionnaire du port. Il est affecté à Lorient de 1902 à 1910. C'est durant cette période qu'il développe l'idée novatrice d'un grand port s'appuyant sur les exemples etrangers.

Extraits de son journal :
Vers cette époque [1904], je me promenais fréquemment à pied dans les environs immédiats de Lorient et je m’arrêtais volontiers sur la petite pointe rocheuse située devant une sorte de café paré du nom pompeux de Casino de la Perrière ; cette pointe de la Perrière ( sur laquelle s’élève aujourd’hui le Frigorifique ) donnait immédiatement accès à de grandes profondeurs d’eau où je voyais, moyennant la construction d’un appontement, un mouillage excellent pour les chalutiers à vapeur qui, à marée basse, échouaient dans le Port de Lorient. Cette vue me conduisit à une étude de la création d’une nouvelle Société de Pêche qui s’installerait à cet endroit.

 …d’Héricourt, ami personnel de Louis Nail, Député-Maire de Lorient, revient à Lure et un soir que nous faisions les cent pas dans la rue et que nous évoquions Lorient et le passé, il me dit, à brûle-pourpoint : « Nail est fort ennuyé de ne trouver personne pour construire un Port de Pêche à Lorient ». Mon sang ne fit qu’un tour et je répondis :

Mais moi je connais quelqu’un qui saurait faire cela.

Qui donc ?

Moi-même.

Tiens, mais c’est vrai, je n’y pensais pas ; voulez-vous que j’en parle à Nail ?

Ce sera fait dès mon retour à Paris .

... Je voyais déjà se dessiner les grands traits de mon œuvre future qui se précisèrent à tel point dans mon esprit que la première chose que je fis en arrivant un après-midi à Lorient, vers le 20 Juin [1918], avant même d’aller à l’hôtel, fut – ayant mis mes bagages à la consigne – de prendre le tramway qui me conduisit à cette pointe de la Perrière où, jadis, je rêvais de voir les chalutiers et qui marque l’extrémité sud de la petite baie de Keroman, séparée au nord, par une étroite langue de sol, de la rivière Le Ter qui débouchait dans la rade en longeant le pays de Kernével : les lieux étaient bien tels que mes souvenirs et la carte et la carte hydrographique me les avaient représentés. C’est dans cette baie de Keroman que je construirais le Port, et c’était sur les rochers de la pointe de la Perrière que j’établirais le Frigorifique… Quand je revins de la Perrière à l’hôtel où j’allais demeurer, j’avais chaud au cœur et j’étais à l’unisson de cette belle journée comme le sont souvent, en Bretagne, les premières de l’été… Je venais de passer quelques moments inoubliables lorsqu’assis sur ces rochers de la Perrière où j’étais venu souvent jadis et regardant cette belle entrée de la rade, porte ouverte sur la pleine mer d’où arriveraient, plus tard, tant de navires chargés de poissons, j’avais eu la vision de ce que j’allais faire surgir dans cette baie déserte de Keroman…