Georges Quéré

Georges, Pierre, Léon Quéré est né à Lorient le 15 septembre 1881, de Gabriel Quéré, brigadier des douanes et de Marie, Philomène Picot.

Il épouse Joséphine Le Nigen en 1906.

Il exerce le métier de peintre. En 1901, il souscrit un engagement de 5 ans dans la Marine. Il est fusilier marin sur le croiseur cuirassé Charlemagne. Il quitte la Marine en 1906 et reprend son ancien métier de peintre. Il est père de famille de deux garçons quand éclate le conflit de la Première Guerre mondiale.

Les effectifs de la Marine étant suffisants, il est mobilisé au 62e RI Avec le régiment il participe à la bataille des frontières, à la retraite rendue pénible par la chaleur de ce mois d'août, la faim, la soif.

Lenharrée, Houssimont, Maissin, les Bretons affrontent la garde prussienne, les pertes sont élevées. Puis ce sera la bataille de la Marne, le sursaut.

Septembre 1915 : l'offensive de Champagne avec comme objectif pour le 62e RI, le village et la butte de Tahure, assaut à la baïonnette. Objectif atteint, Georges, victime des gaz, perd en partie la vue. Une paire de lunettes et retour au front. Mars 1916, Verdun, la redoute de Froideterre, la côte du Poivre, souffrances et sacrifices. Octobre 1916, Verdun une fois encore, secteur de Vaux, Damloup. Même engagement, même abnégation.

Peu de répit, les périodes de repos sont souvent interrompus par les alertes.

1917, Chemin des Dames : chemin de plaisance, chemin de souffrance.

Le 5 mai, le régiment participe à l'offensive initiée par le général Nivelle. Le 7 mai, le rideau tombe. Le 62e RI est relevé en deux jours, il a perdu 40 officiers et 900 hommes.

Mars 1918 : dans la Somme, le régiment se sublime en résistant pendant plusieurs jours au déferlement allemand qui a enfoncé les lignes britanniques. La brèche est colmatée, le régiment est cité. Le 27 mai 1918, au Chemin des Dames, après un bombardement de quatre heures avec obus à gaz et de tous calibres, cinq divisions allemandes se ruent sur les bretons de Brest, Quimper, Lorient et Vannes. A cinq contre un, l'issue ne fait pas de doute. Le front est enfoncé. Georges Quéré, après quarante-cinq mois de présence au front, est fait prisonnier. Il est gazé pour la seconde fois.

Retour de captivité en novembre 1918, il retrouve sa famille. Mutilé, il sera employé comme peintre à l'arsenal. Petit à petit, il perdra la vue et finira sa vie aveugle. Il décède en 1965, il avait 84 ans.

Texte : Pierre Quéré