Amiral Ronarc'h

L'amiral Ronarc'h
L'amiral Ronarc'h

Pierre Alexis Ronarc'h est né à Quimper le 22 février 1865. Son père, Pierre Marie, docteur en droit, est avocat ; sa mère, Amélie Marie-Antoinette Guyot, sans profession. A 15 ans, il intègre l'Ecole navale. D'août 1882 à septembre 1883, il embarque sur les navires Héroïne, Trident, Amiral Duperré, Duguay-Trouin. Aspirant de 1ère classe le 2 octobre 1883, il sert sur le croiseur la Vénus qui évolue dans la division navale du Levant. En mai 1885, il navigue sur le Provençale. Il est promu enseigne de vaisseau le 5 octobre 1885. Au 1er janvier 1886, il est affecté sur l'aviso Labourdonnais de la division navale de la mer des Indes. Le 7 janvier 1886, il s'illustre à terre, au combat de Zilimajou (Grande Comore) lors de la campagne de Madagascar de 1885. En 1887, son navire évolue en Atlantique Sud et Ronarc'h participe aux opérations du Dahomey ; avec la compagnie de débarquement, il occupe Grand-Popo. Au cours de ces sept premières années de Marine, Ronarc'h a combattu à terre.

En décembre 1887, il embarque sur le navire de transport Isère et en mai 1888, participe au sauvetage d'un navire commercial en difficulté à proximité des côtes quiberonnaises. De mars à mai 1890, on le trouve à nouveau sur l'Amiral Duperré puis sur le Lalande. Lieutenant de vaisseau le 5 octobre 1890, il sert sur l'aviso Castor, puis embarque en qualité d'officier canonnier sur le cuirassé garde-côtes Caïman, en Méditerranée. De retour à Rochefort où il avait déjà passé un peu plus de deux ans, on le trouve sur la batterie flottante Embuscade, puis commande, à 30 ans, la canonnière Scorpion alors en période d'essais, et le torpilleur 159, de l'Ecole de pilotage. En 1898, il est breveté de l'Ecole supérieure de la Marine, classé troisième de sa promotion. Dès lors, sa carrière va pouvoir prendre le large.

Dans un premier temps sur le cuirassé Vauban, et en mai 1899, sur le croiseur d'Entrecasteaux, navire amiral de la division navale d'Extrême-Orient commandée par le contre-amiral Charles Courrejolles, dont Ronarc'h devient l'aide de camp. Il participe aux opérations du Tonkin en occupant la station navale chinoise de Kwang-Tchéou-Wan et au siège de Tien-Tsin. Il est alors adjoint du capitaine de vaisseau Louis de Marolles, commandant du d'Entrecasteaux. Celui-ci est à la tête des marins français qui viennent, avec une force internationale, au secours de l'amiral Edouard Seymour.

A son retour en France, Ronarc'h navigue en Méditerranée à bord du croiseur Latouche-Tréville comme officier de manœuvre et ensuite second. En 1902, il accède au grade de capitaine de frégate. Après un passage à la préfecture maritime de Brest, le voici second du croiseur Duguay-Trouin, bateau de l'Ecole d'application des aspirants. En août 1904, il revient à Rochefort et préside la commission d'essai des torpilleurs. De 1906 à 1907, il commande en Méditerranée le contre-torpilleur Mousqueton. Major de la Marine à Rochefort depuis octobre 1907, il est promu capitaine de vaisseau le 12 octobre 1908. En 1910, on lui confie le commandement supérieur des torpilleurs et sous-marins de la défense fixe de Brest. Le cuirassé garde-côtes Furieux est placé sous son commandement. A bord du contre-torpilleur Bouclier, d'avril 1912 à mai 1914, il commande la division des flottilles de l'armée navale en Méditerranée.

Contre-amiral en juin 1914, il reçoit en août le commandement de la brigade des fusiliers marins. Ses expériences de combats à terre et de coopération internationale en Chine ne sont probablement pas étrangères à cette nomination par le ministère de la Guerre.

Vice-amiral en novembre 1915, il est membre du conseil supérieur de la Marine. En 1916, nommé commandant des forces navales dans la zone des armées du Nord, il collabore avec la Marine anglaise. Cela permet de maîtriser la mer dans le secteur du Pas-de-Calais. En 1919, Ronarc'h est chef d'état-major général de la Marine. L'année suivante, il quitte le service actif. En 1925, la ville de Dixmude le fait citoyen d'honneur. Il était titulaire de nombreuses décorations dont celle de Grand Croix de la légion d'honneur (24 janvier 1919). Il décède à 75 ans, le 1er avril 1940, à Paris, à l'hôpital d'instruction des armées du Val-de-Grâce. Sa tombe se trouve au cimetière des Invalides à Paris.

Pascal Boisson