Jean Le Maux

Portrait de Jean Le Maux
© Le Télégramme
Portrait de Jean Le Maux

Jean Le Maux est né à Lorient le 14 février 1892. Il est le fils de Julien Marie Le Maux, né à Languidic et de Marie Joseph Alexandrine Garot, originaire de Quéven, tous deux jardiniers et mariés en 1890 à  Keryado en Ploemeur. Le 1er mars 1919, Jean Le Maux se marie également à Keryado, avec Louise Renée Gonin.
Engagé dans la Marine Nationale, il est blessé le 21 septembre 1914, en Afrique, dans la baie de Corisco. Après quinze ans de service, il termine comme maître-fourrier à bord du Provence. Il continue alors sa carrière dans l’armée au titre d’agent militaire à Châlons-sur-Marne. Adhérant à la CGT vers 1927-1928, l’armée le révoque suite à une grève. Pendant sa carrière militaire, il obtient de nombreuses décorations : Croix de guerre 1914-1915, médaille militaire en 1922 (le plus jeune de l’époque), Croix d’Or de Serbie en 1918, médaille coloniale en Afrique Equatoriale en 1927, décoration anglaise For Distinguished Service ».

En 1934, il revient à Keryado où débute sa carrière politique. Employé à la Compagnie Worms, il est également membre de la SFIO (Société Française de l’Internationale Ouvrière). Le 19 mai 1935, il est élu maire de la commune de Keryado. Dès le mois de juillet, lors du pardon de Saint-Armel qui se déroule le troisième dimanche du mois, la municipalité s’oppose au clergé. Le Maire entend faire respecter la loi qui interdit l’utilisation des voies publiques pour les processions sans autorisation préalable. Le barrage municipal est forcé par les paroissiens avec à leur tête l’abbé Basile Le Gal. Les cantiques tentent de couvrir l’Internationale.

Le 27 décembre 1940, comme d’autres maires socialistes, il est « démissionné » d’office par le gouvernement Pétain. Il entre dans la résistance en 1942 et quitte Lorient pour Auray en 1943. Recherché par les Allemands, il décide de prendre le maquis où il retrouve François Tanguy-Prigent et Victor Le Gorgeu.
Le 12 mai 1945, il retrouve son poste de Maire. Réélu le 7 octobre 1945, il est contraint de quitter ses fonctions en février 1946, pour raison de maladie. Son premier adjoint, Jean Penquer, remplit alors les fonctions de Maire par intérim. Jean Le Maux décède le 23 avril 1946.

Au cours de ses mandats, il a profondément œuvré pour la commune : amélioration de l’alimentation en eau potable, création du Foyer Laïque de Keryado, des terrain de sports et tribunes, création de la salle Roger Salengro inaugurée le 9 avril 1938 (ancien Family et actuel City), création du marché sur la place de la Liberté, préparation d’un projet d’une nouvelle école de garçons et de filles laissé en suspens à cause de la guerre. Il a également travaillé à la fusion des communes de Keryado et de Lorient.
Le rattachement de Keryado à la commune de Lorient est officiellement demandé à Emmanuel Svob dès 1935. Lors d’une séance du conseil municipal du 21 janvier 1946, le Maire impose, dans les conditions de rattachement, qu’une mairie ainsi que le personnel municipal soient conservés sur Keryado. Pour cela, il s’appuie sur le précédent avec la commune de Ploemeur. En effet, le territoire qui n’était qu’une section de celle-ci, possédait depuis 1879 une mairie et son état civil. Il demande également l’édification d’un groupe scolaire moderne, l’agrandissement et l’amélioration du terrain communal des sports, la reconstruction d’une poste et d’une salle des fêtes. Il demande aussi à ce que l’ouverture d’une campagne électorale coïncide avec ce rattachement. Acquis à l’unanimité par un vote du conseil municipal de Keryado du 14 avril 1946, le rattachement est effectif depuis le 1er octobre 1947.

Extrait d’une lettre de monsieur Barbotin du 10 juillet 1945 suite à une conférence de Jean Le Maux :
Socialiste de tendance communiste… presque anarchiste, il a laissé dans la mémoire des Keryadins l’image d’un homme d’un contact très facile, très serviable, affable, mais aussi celle d’un homme volontaire, vif en parole et en acte… soucieux du bien-être de ses concitoyens. Antimilitariste à 100 %… Sa principale volonté a été, après la guerre, de remettre tout en route à Keryado. Clair, précis, lumineux, optimiste, c’est l’impression qu’il a laissé aux personnes ayant assisté à sa conférence en 1945 à Vannes.

Sources :
- Délibérations du Conseil municipal de Keryado (1935-1946)
- Au-dela des remparts, rue de Keryado – Editions du temps Libre du Pays de Lorient, 1993
- Les Cartes Postales Anciennes nous parlent de Lorient, Keryado-Lanveur, tome 9, 2007
- De la Maison commune à l’Hôtel de ville : l’hôtel de ville de A à Z  - Archives municipales de Lorient, 2004