Paul Joalland

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1870-1940
Conquérant du Kanem
Général de brigade
Commandeur de la Légion d'honneur
Médaille coloniale avec agrafe d'or

Fils d'un capitaine d'artillerie de marine, Paul Joalland est né le 8 septembre 1870 à la Guadeloupe. Il se destine, après des études au lycée Dupuy-de-Lôme, à la carrière militaire. Il s'engage en 1889 dans l'artillerie coloniale et participe en Indochine aux combats contre les Pavillons noirs. Sa bravoure est récompensée par la médaille militaire. Il rejoint en 1893 l'école d'infanterie de Versailles d'où il sort sous-lieutenant. Il revient en garnison à Lorient avant de partir au Soudan. En août 1897, il rentre en France. En poste à l'Ecole de pyrotechnie à Toulon, il fait la connaissance du capitaine Voulet qui lui propose de l'accompagner dans sa prochaine expédition en Afrique. Il participe avec le capitaine Paul Voulet et le lieutenant Julien Chanoine à l'expédition Afrique centrale composée de 6 officiers, 2 sous-officiers, 600 tirailleurs, 800 porteurs, 200 femmes... un total de 1700 personnes et 800 animaux. Suite à la fin tragique de cette expédition coloniale, les lieutenants Joalland et Pallier prennent alors le contrôle de la troupe et poursuivent la mission. Après la prise de Zinder et la fuite de son sultan, Joalland et Pallier alternent des reconnaissances destinées à rassurer les populations. Le lieutenant Joalland poursuit l'expédition et reprend la marche vers le Tchad où il pacifie le pays.

Le 13 mars 1901, le capitaine Joalland débarque à Marseille. Il est fait chevalier de la Légion d'honneur et reçoit du gouvernement la médaille coloniale avec agrafe d'or. La Société de Géographie de Paris lui remet sa Médaille d'Or et la Société de géographie commerciale lui décerne le prix Bergé. Il profite de son retour au pays pour se marier, il épouse en juillet 1901 à Paris Suzanne Villain.

Il poursuit sa carrière d'officier colonial en Cochinchine (1902-1903) puis au Tonkin (1905-1907) où il est nommé chef d'escadron en 1907. Lors de la déclaration de guerre en 1914, il est au Tonkin. De retour en France il part au front à la tête d'un groupe de batteries du 29e d'artillerie. A la fin du conflit il retrouve les colonies et commande l'artillerie à Madagascar avant de prendre en 1922 le commandement du 1er régiment d'artillerie coloniale à Lorient, il retrouve alors le quartier Frébault et la ville de son enfance. En 1925, il repart en Afrique occidentale française où sa conduite lors d'une terrible épidémie de fièvre jaune lui vaut d'être à nouveau cité à l'ordre de l'armée.

Il prend ensuite sa retraite à Lorient. Le 24 novembre 1929, il est promu général au titre de la réserve.

Vient ensuite le début de la Seconde Guerre mondiale  et le premier bombardement anglais sur Lorient le 27 septembre 1940 vers 22 heures. Cette première nuit de bombardements fait 30 morts et 60 blessés. Le général Joalland fait partie des victimes, son épouse et sa fille échappent de peu à la mort en trouvant secours chez les religieuses de la Providence.

Ses obsèques solennelles ont lieu quelques jours plus tard. Le général Joalland est inhumé au cimetière de Carnel en présence du maire de Lorient, Emmanuel Svob. En 1941, le maire, Auguste Donval, et le conseil municipal sur une idée de Louis Chaumeil, décident de donner le nom de Joalland à la rue Traverse-du-Polygone car elle mène au quartier Frébault et c'est elle qu'empruntait le général lorsqu'il commandait le 1er RAC.

Texte extrait de l'ouvrage Lorient, ses hommes illustres écrit par Patrick Bollet