Paul Guieysse

Portrait de Paul Guieysse
Portrait de Paul Guieysse

Petit Fils de Pierre Guieysse, capitaine commandant de frégate originaire de l’Aveyron et de Marie Le Gallic de Kerizouët, lorientaise, dont le père était président du tribunal de première instance de l’arrondissement de Lorient et député du Morbihan en 1816.

Son  père,  Eugène  Guieysse  (1803-1870)  est  commissaire  général  de  la  marine,  passionné d’archéologie, artiste peintre et ami intime de Brizeux avec qui il suit des études de droit à Paris. Il oeuvre notamment pour le retour de la dépouille de son ami sur Lorient et respecte la volonté de ce dernier de reposer à l’ombre d’un chêne qu’il choisit lui même dans sa pépinière de Kervéléan à Lanester.
Paul Guieysse né à  Lorient le 11 mai 1841, baigne dès son enfance dans le milieu artistique (Brizeux, l’écrivain Emile Souvestre) et politique (Ange Guépin).
Après son prix d’Honneur des externes décerné par le collège de Lorient en 1860, Paul Guieysse  est  admis  à  l'école  polytechnique  en  1860.  Il  en  sort  trois  ans  plus  tard  en  tant qu’ingénieur hydrographe.
Attaché au service d'observations optiques et télégraphiques de la butte  Montmartre pendant le  siège  de  Paris  en  1870,  il  obtient  à  cette  occasion  la  Légion  d'honneur  pour  services exceptionnels.  Eprouvé  par  le  décès  de  sa  première  épouse  en  1868,  il  se  plonge  dans  les études. Il se destine à l’enseignement et est notamment détaché à partir de 1874, pendant près de vingt ans, à l'Ecole polytechnique comme répétiteur de mécanique. Titulaire de la chaire de philologie  et  antiquités  égyptiennes  à  l'Ecole  des  Hautes-Etudes  (directeur  adjoint d'Egyptologie à l'Ecole des Hautes Etudes), cet égyptologue publie de nombreux ouvrages sur le sujet.
Entré en politique en 1883, il est député radical et républicain du Morbihan de 1890 à 1910 et préside  à  la  Chambre  des  députés  la  commission  du  travail  1892  à  1894.  Il  fait  partie  de nombreuses  commissions  et  déploie  une  grande  activité  dans  les  questions  maritimes  et coloniales. Il se distingue aussi par son engagement pour les droits de l'homme et les réformes
sociales  (assurances,  secours  mutuels),  notamment  avec  la  loi  des  retraites  ouvrières  et paysannes et le droit à l'éducation.
Il fonde en 1890 l’Institut des Actuaires français qu’il préside jusqu’à sa mort et est vice-président  pour  la  France  du  Comité  permanent  des  Congrès  internationaux  des  actuaires.
Ardent défenseur de la langue bretonne, il est également co-fondateur en mai 1900 du journal La Dépêche de Lorient.
 
Ministre des colonies du 4 novembre 1895 au 29 avril 1896 dans le cabinet présidé par Léon Bourgeois,  il  crée  alors  la  Direction  des  affaires  commerciales  et  de  la  colonisation  qui recherche notamment les moyens de mettre en valeur les richesses économiques des colonies.
Sous son impulsion, le service de l’inspection des colonies est transformé en  Direction.
Devenu  un  service  d’ordre  intérieur,  il  redevient  ainsi  un  corps  de  contrôle  pour  les administrations locales.

Dans le contexte de la rivalité coloniale franco-britannique en Afrique, il ordonne la « Mission Congo-Nil (mission Marchand) ». Guieysse charge Savorgnan de Brazza, alors Commissaire général  du  Congo,  de  sa  préparation.  Il  est  le  dernier  homme  politique  français  à  soutenir l'explorateur pacifiste, rappelé en France en 1897.
L’un des initiateurs de la politique des chemins de fer, il fait  adopter  la  construction  de  la ligne de Konakry au Niger, décide pour celle de Djibouti et amorce la ligne de pénétration en Abyssinie.
En outre, il prend des mesures pour la Pacification de l’Indo-Chine et est l’un des précurseurs de la « politique d’association » avec les population locale.
 
Passionné  d’ethnographie,  il  succède  à  Léon  Bourgeois  à  la  présidence  de  la  Société d’ethnographie de Paris entre 1903 et 1905. Parallèlement, il est désigné par la Nouvelle-Calédonie pour la représenter au Conseil supérieur des colonies de 1903 à 1906 et contribue ainsi à la fin de la déportation vers cette colonie. Il fonde ensuite le Comité de l’Océanie Française qu’il préside.
 
Affilié  dès  1870  à  la  loge  maçonnique  « Nature  et  philanthropie »  de  Lorient  ,  membre  de diverses loges et du Grand Orient de France, il démissionne de la franc-maçonnerie en 1910 suite à son échec aux législatives, estimant qu’il a manqué de soutien de la part de ses pairs.
Il décède à Paris le 18 mai 1914.
 
Sources : 
-  Dossier documentaire relatif à Paul Guieysse, 1V49, coll. AML
-  Dossier documentaire relatif à Paul Guieysse (extrait d’un bulletin du Comité de l’Océanie Française de 1914 reproduit dans le Nouvelliste de Morbihan), 4Z65, coll. AML
-  Journal Le temps, n°12665, 02 février 1896
-  Documents sur la famille Guieysse, texte de Pierre de Boishéraud, 2011