Jean-Baptiste Chaigneau

Portrait de Jean-Baptiste Chaigneau
Portrait de Jean-Baptiste Chaigneau

Il est né dans le manoir familial du Balzy à Plumergat, près d'Auray, le 8 août 1769. L'acte de naissance est établi à Lorient.
Son père, Alexandre-Georges Chaigneau, est capitaine de vaisseau de la Compagnie des Indes, sa mère, Bonne-Jacquette Pérault, est la fille du maire de Lorient.
C'est un homme d'exception, gagnant au fil d'un parcours des plus aventureux, des titres honorifiques prestigieux.
Il a à peine 12 ans lorsqu'il embarque comme volontaire sur le Necker, une flûte de la Marine Royale, puis sur l'Ariel et la Subtile, avec plusieurs mois de guerre et des périodes d'emprisonnement.
En 1791, il embarque sur la frégate " Flavie " qui a pour mission de rechercher les restes de l'expédition de La Pérouse.
Elle est contrainte de désarmer à Macao, en 1794, en raison d'un blocage des Anglais. Jean-Baptiste Chaigneau décide alors de rejoindre la Cochinchine où un ami, Laurent Barizy originaire de Groix, fait du commerce. Cette contrée est aussi connue pour bien accueillir les Français. Il y vit près de 30 ans.
Convaincu par l'évêque français d'Adran (1741 - 1799), il se met au service du prince Nguyen Anh. Il l'aide à retrouver son trône avec le concours d'autres officiers français dont le breton Philippe Vannier.
Il constitue une flotte armée à l'européenne avec des équipages annamites qui assure la suprématie de Nguyen Anh du golfe de Siam à la frontière chinoise. Le prince s'installe à Hué en 1802 et s'auto proclame empereur Gia Long.
Jean-Baptiste Chaigneau obtient le droit de porter le patronyme de son protecteur, il s'appelle désormais Nguyen-Van-Thang ou encore Chua-Han-Lan. Il est nommé Grand Mandarin, marquis de Thang-Duc et général de l'armée du Centre.
Jean-Baptiste Chaigneau se marie en 1802 avec une femme du pays, Benoîte Hô-Thi-Hué, avec qui il a onze enfants dont cinq atteignent l'âge adulte et qui portent des prénoms français et annamites.
Veuf en septembre 1815, il épouse le 15 janvier 1817 la fille métisse de Laurent Barizy, Hélène, qu'il avait adoptée à la mort de son ami en 1802. De cette union, naissent sept enfants, cinq meurent en bas âge.
La paix revenue en Europe, Jean-Baptiste Chaigneau reprend contact avec son pays et revient en France en 1820. Le roi Louis XVIII le nomme Consul et Commissaire royal auprès de l'empereur d'Annam et lui confie la mission de conclure un traité au nom de la France. Il repart la même année. Cependant, la situation a changé, Gia-Long est mort et son fils Minh Mang lui a succèdé. Or, ce dernier est très méfiant à l'égard des européens et les relations se dégradent peu à peu.
En 1825, Jean-Baptiste Chaigneau décide alors de rentrer définitivement en France.
Il est promu Chevalier de Saint-Louis et de la Légion d'honneur. C'est à Lorient qu'il s'installe avec sa famille, au 9 cours de la Réunion (aujourd'hui 19 cours de la Bôve) où il réside jusqu'à sa mort, le 31 décembre 1832.
Il laisse des correspondances et un mémoire sur la Cochinchine réputé " le meilleur manuscrit sur tout ce qui a rapport au gouvernement Cochinchinois et à sa politique " selon le baron de Bougainville.