Rue François Le Guiner

Rue François Le Guiner

Plaque de la rue Le Guiner

Rue du quartier de Merville qui relie l'avenue du Général de Gaulle à la rue de Larmor.

François Le Guiner (1898-1917), né le 3 mai 1898 à Ploujean (29), est identifié à tort comme Lorientais par la municipalité.D'où peut-être le choix de donner son nom à une rue. Il effectue ses études au lycée de Quimper. Véritable athlète, énergique et robuste, il pratique assidument de nombreux sports. À l'insu de ses parents, François Le Guiner part pour le front à l'âge de 16 ans dans la nuit du 25 au 26 janvier 1915. Ne voulant pas être reconnu, ni arrêté, il se rend à pied jusqu'à Rosporden et monte clandestinement dans un train qui emmène des renforts destinés au 118e régiment d'infanterie en Champagne. Animé d'un sentiment ardent de patriotisme, il veut suivre l'exemple de son père, engagé volontaire à 50 ans. À l'arrivée, il refuse d'être renvoyé dans sa famille, et se fait incorporer dans la 6e compagnie et envoyer en ligne avant même de pouvoir contracter un engagement volontaire lorsqu'il atteint 17 ans. Il part pour les tranchées boueuses de La Boisselle. Au début du mois de février, il est affecté au service des cuisines mais il demande à son commandement de monter aux tranchées. Il est écouté et est versé à la première section de la 6e compagnie. Il s'avère être un brillant soldat et très apprécié (matricule 8720). Nommé soldat de première classe en mars 1915 après une inspection du général Casteneau, il est nommé caporal un mois plus tard et est proposé peu avant son décès en tant qu'officier. À la mi-septembre 1915, il est blessé à un pied par un éclat d'obus alors qu'il est positionné dans les tranchés devant Mesnil-les-Hurlus. Aussitôt rétabli, il suit les cours d'élève officier et est nommé au sein de la 2e compagnie de mitrailleuses.

Il obtient la Croix de guerre avec la citation à l’ordre du régiment : Blessé en Champagne, a toujours été digne de tous les éloges ; s’est particulièrement distingué devant Vaux, pendant la période du 25 octobre au 5 novembre 1916. Puis il part dans les secteurs de Damloup et Moulainville. Il est un des auxiliaires les plus précieux pour son commandant de compagnie qui apprécie ses qualités militaires. En janvier et février 1917, son régiment est au repos dans les environs de Meaux. François Le Guiner travaille alors à parfaire l’instruction des nouveau au maniement des mitrailleuses afin d’en faire une unité d’élite. À la fin du mois de mars, ils partent pour Laffaux. Le 7 avril 1917, son unité dont les deux mitrailleuses ont été détruites dès le début du combat. Isolée par un tir de barrage, sa section est décimée. Elle est cernée par de nombreux soldats allemands sortis de leurs tranchées qui leur somment de se rendre. Pour un baroude d’honneur, Le Guiner tire avec un fusil ramassé mais est mortellement touché. Il est tué au combat de Laffaux à 18h00, à l'aube de ses 19 ans. Il a alors le grade d’aspirant.  Son capitaine écrit « Sa mort nous consterne tous, officiers et soldats … c’était une belle âme et chacun de nous en avait conscience. » Le 19 avril 1917, il est cité à l’ordre de l’armée n°458 pour sa conduite lors de l’attaque de Laffaux.

Par une décision du 18 juillet 1919, il est nommé à l’ordre de la Légion d'honneur au grade de chevalier. Dans un rapport du 8 août 1919, le colonel Dizot qui commande le 118e écrit : « Tous les officiers et militaires du 118e éprouvent la même fierté que le colonel en apprenant l’hommage rendu à la mémoire de l’un de leurs plus vaillants camarades tombé au champ d’honneur. Le Guiner est une des plus belles figures de notre épopée ; il sut être un grand soldat, alors que par l’âge, il n’était qu’un enfant ; il honore grandement son pays et le régiment dans lequel il a servi avec fidélité et l’esprit le plus complet de sacrifice. Son souvenir restera vivace au 118e. Il mérite bien d’être donné en exemple aux générations futures. »

Appellation adoptée par délibérations du conseil municipal des 20 août 1947 et 11 juin 1949.