Bataille de Dixmude

Historique

Les fusiliers marins à Dixmude
Les fusiliers marins à Dixmude

Le 5 août 1914, le contre-amiral Ronarc'h est chargé de renforcer la police et maintenir l'ordre dans Paris. Dans ce but, il forme une brigade de 6585 hommes dont un quart sont des fusiliers marins brevetés. Cette brigade est intégrée dans le camp retranché de Paris. Puis le 7 octobre, elle est envoyée à Gand au secours de l'armée belge en pleine retraite depuis Anvers.

Après leur baptême du feu à Melle, les fusiliers se replient à marche forcée jusqu'à Dixmude, tête de pont d'une ligne de résistance qui s'appuie sur le petit fleuve Yser depuis Nieuport. Le 16 octobre, ils brisent le premier assaut des divisions allemandes lancées dans la course à la mer.

Artilleurs et carabiniers belges, fusiliers marins, chasseurs et artilleurs français, tirailleurs sénégalais d'un côté, réservistes et jeunesse universitaire allemande du corps de Falkenhayn de l'autre, déchaînent la puissance exterminatrice des armes automatiques et de l'artillerie qui ne laissent aucune chance aux troupes à découvert.

Inscription de la devise de la bataille de Dixmude
Inscription de la devise de la bataille de Dixmude

Le 24 octobre, Ronarc'h reçoit l'ordre de tenir coûte que coûte, "tant qu'il restera un fusilier marin vivant". Il permet à l'armée belge d'échapper à l'encerclement et à l'armée française de résister aux tentatives d'enfoncement du front avant de le consolider jusqu'à la fin de la guerre. Sa résistance acharnée, marquée par la ténacité et l'héroïsme de ses hommes, n'est submergée que le 10 novembre.

Ses marins ont toujours manqué d'un peu de tout. Et pourtant ils s'affirmeront les égaux des soldats de la Marne ; ils se battront farouchement aux côtés de 5000 Belges et 1200 Sénégalais, résistant à des forces très supérieures en nombre, environ 40 000 Allemands. Un coup sérieux a été porté à la puissance militaire de l'Allemagne. Son prestige est atteint, ses effectifs réduits par des pertes énormes, ses approvisionnements entamés.

La bataille de Dixmude marque l'arrêt de l'invasion allemande. Les fusiliers marins placés sous le commandement de l'amiral Ronarc'h ont pu "tenir" au prix de grandes souffrances durant cette courte mais terrible campagne défensive. C'est un des tournants majeurs dans l'histoire de la Première Guerre mondiale. Combat primordial, puisque la formidable défense de l'Yser vient compléter en quelque sorte les résultats de la bataille de la Marne en fermant aux Allemands le dernier passage encore ouvert de la défense française."

Pascal Boisson

Les Demoiselles au pompon rouge

Cahier de souvenirs d'un fusilier marin
Cahier de souvenirs d'un fusilier marin

Face à un échec frontal sur la Marne, les Allemands décident de contourner les lignes alliées par le Nord. Ils souhaitent aussi prendre la route de Dunkerque, port stratégique assurant  la liaison entre la France et l’Angleterre. Les alliés tentent de stopper cette avancée, c’est « la course à la mer ».

L’armée française essaye de stabiliser le front occidental au bord de l’Yser. C’est là que les fusiliers marins s’illustrent, en particulier à Dixmude, gros bourg situé dans les Flandres belges, à 17 km de la mer du Nord et sur la rive droite de l’Yser.

6 585 marins dont la majorité sont bretons font face à près de 40 000 Allemands. Le combat dure quatre semaines. Les pertes sont nombreuses dès les premiers jours et les renforts belges et sénégalais ne suffisent pas. L’ouverture des écluses de l’Yser, le 28 octobre, procure du répit aux soldats.

Le 10 novembre, les fusiliers ont ordre d’évacuer la ville et de se replier derrière l’Yser. L’avance allemande est stoppée définitivement. 41 Lorientais meurent au cours des combats. C’est la bataille la plus meurtrière pour la Cité.

Suite au vœu du Comité de la Guerre de la Ville de Lorient, la municipalité se mobilise pour la confection d’un drapeau. Le Maire l’achemine à Dunkerque et c’est le Président de la République qui le remet en personne à la brigade des fusiliers marins, le 11 janvier 1915.