L'Hôtel de ville jusqu'en 1940

Plan du rez-de-chaussée de la Maison commune

Créée en 1666, Lorient est tout d’abord administrée par la Compagnie des Indes puis par la Marine Royale jusqu’à la création de la Paroisse en 1709. Les affaires publiques sont alors gérées par le Général de la Paroisse et débattues par le Conseil de Fabrique au sein même de l’Eglise Saint-Louis. Les délibérations sont toutefois visées par l’Ordonnateur de la Marine et le Directeur de la Compagnie avant d’être soumises à l’approbation de l’Intendant de Bretagne.

 

Cependant, la cité et le commerce se développant, la population augmentant rapidement (6 000 habitants en 1709, 14 000 en 1720), ce type d’organisation n’était plus adapté.

 

Aussi, la Compagnie achète-t-elle au Roi des offices municipaux et en juin 1738, Lorient est-elle officiellement érigée en Communauté de Ville.

 

Les réunions de la Communauté se tiennent pendant de nombreuses années au domicile du Maire, jusqu’en 1752, année d’acquisition  d’un bâtiment rue de Luzançais (qui deviendra rue de la Mairie). L’année suivante, des travaux d’aménagement sont confiés à l’Ingénieur de Saint-Pierre. Plus tard, le bâtiment est agrandi et prolongé de chaque côté par des ailes grâce aux acquisitions d’immeubles voisins et des terrains situés en profondeur. Une cour intérieure est ainsi réalisée dans laquelle on creusera un puits, des écuries et des locaux  pour les voitures sont construits.

 

Outre les bureaux, sont aménagés dans les locaux côté cour  une salle pour stocker les pompes à incendie et un petit local pour la vérification des poids et mesures. S’y trouve également, le poste de police de la Communauté ainsi qu’un héraut, 2 archers, 2 valets et un tambour.

 

Aux étages supérieurs du bâtiment principal, se situe un vaste appartement de plusieurs pièces avec cuisine, aménagé en 1755 pour les seigneurs et commandants de la Province effectuant leurs tournées ainsi qu’une salle pour les assemblées de la Communauté.

 

En 1762, la visite du Duc d’Aiguillon occasionne de nouveaux aménagements. Cette même année, la Communauté autorise le Maire à venir habiter dans la Maison Commune.

 

Enfin, une salle est ouverte aux négociants pour y traiter leurs affaires. En 1783, s’y établit le siège du Consulat de Commerce et de celui de l’Amirauté (qui évolueront en Tribunal et Chambre de Commerce au début du XIXe siècle).

 

D’autres agrandissements seront réalisés par la suite, notamment la construction côté cour d’une antichambre pour les deux grandes salles. Enfin, dans les années 1790, on crée une section de sapeurs-pompiers civils.

 

La Maison Commune traverse la période révolutionnaire sans trop subir de dégradations.

 

Au XIXe siècle, le Secrétaire en Chef de la Mairie est désormais logé dans l’édifice communal. En outre, le bâtiment accueille divers organismes dans les premières décennies du siècle : la Chambre de Commerce en 1807, le Collège municipal en 1821, la Caisse d’Epargne en 1834, si bien que l’Hôtel de Ville s’avère trop à l’étroit.

Le 25 avril 1835, un grand incendie se déclare dans le quartier. La municipalité se porte acquéreur des maisons détruites rue de l’Hôpital. L’Hôtel de Ville peut alors s’agrandir et s’ouvrir en 1837 sur la rue de l’Hôpital (aujourd’hui, rue Jules Legrand).

On construit en 1841 le poste de police municipale au-dessus de la citerne. Le salon d’honneur communal est en outre réaménagé au premier étage, la salle du conseil municipal de même superficie que la précédente est installée au rez-de-chaussée. Le dernier gros chantier du XIXe siècle sera celui de la reconstruction du dépôt des pompes à incendie en 1874 rue de la Mairie sur un terrain communiquant avec la cour de l’Hôtel de Ville.
La période 1900-1940 est caractérisée par la création et le regroupement de divers services . En 1900, on aménage au-dessus du porche d’entrée, la bibliothèque municipale (créée dans un autre local en 1830) et à l’étage au-dessus, le Tribunal de Commerce. La façade rue de l’Hôpital est également modifiée en 1902 et en 1908. La Justice de paix, le Tribunal des Prud’hommes, la Goutte de Lait municipale et la nouvelle Ecole primaire de filles s’ouvrent côté cour en 1908 également.
Un nouveau bâtiment donnant côté rue de l’Hôpital regroupe toujours à cette même époque , la Crèche, le Commissariat Central, la Perception municipale, le service d’Hygiène et les services techniques municipaux, les Pompes Funèbres et la Direction de l’Octroi.

En revanche, ont quitté les murs le Collège, la Caisse d’Epargne et la Chambre de Commerce.