La sous-préfecture

Histoire de la sous-préfecture de Lorient

Les Maisons

Entre 1800 et 1850, la sous-préfecture de Lorient occupe des maisons bourgeoises louées à des marins de commerce, dont nous n’avons aucune trace photographique, simplement et pour souligner le parcours chaotique de son établissement dans la ville, nous citerons :

- la maison Villemain : jusqu’en 1853, date à laquelle le contrat de location est dénoncé.

La sous-préfecture s’installe alors dans la maison Maujouan. Mais l’Etat doit alors acquitter le loyer de la maison Maujouan ainsi qu’une subvention au sous-locataire de la maison Villemain qui n’arrive pas à faire face au loyer.

- la maison Maujouan à l’angle de la rue du Collège et des Vases. Malheureusement en 1860, le conseil d’arrondissement exproprie la maison Maujouan dont le bail expire le 31 décembre 1861, pour construire le lycée et agrandir le collège Frémicourt.

- la maison Breger cours des quais n°21. Au 1er décembre 1865, la sous-préfecture s’installe dans la maison Breger, mais cette dernière est loin d’être idéale : mal entretenue et défectueuse à tous égards : les salons de réception sont insuffisants, les bureaux trop petits, le logement du sous-préfet exigu. De plus la mention « sous-préfecture » voisine avec l’enseigne du fournisseur de fourrage de la troupe et les visiteurs remarquent bien souvent son entrée encombrée de barriques et de véhicules de toutes sortes…

En 1873, le sous-préfet Pierre de Meynard s’en étonne, d’autant plus que dans ses précédents postes, les sous-préfectures se situaient entre cour et jardin, et considère que ce voisinage nuit à l’image de la sous-préfecture.

Le propriétaire de la maison décède et ses héritiers veulent récupérer les locaux en bon état, ainsi le 21 septembre 1876, après avoir effectué les réparations, le Préfet du Morbihan convoque les héritiers de Madame Breger pour leur rendre les clés, mais personne ne vient au rendez-vous…

- la maison Coutant au 74 rue Littéraire. Entre temps la sous-préfecture s’est installée dans la maison Coutant. Le bail est signé le 1er février 1875 et les locaux seront occupés du 1er septembre 1876 au 31 août 1888, renouvelable par tacite reconduction pour une nouvelle période de 12 ans. En fait, la maison est vendue en 1896 à Madame Delory.

Deux solutions s’offrent alors pour accueillir la sous-préfecture, soit une nouvelle location et les propositions des propriétaires sont nombreuses, soit la construction d’un nouvel édifice.

Un terrain pour accueillir la sous-préfecture

Commence alors les recherches pour dénicher un terrain approprié. Les projets en centre-ville sont rapidement abandonnés car ils nécessitent la destruction de bon nombre de maisons.

Néanmoins, dans les faubourgs de Lorient, rue Belle-fontaine, à proximité du dépôt des tramways, est repéré un terrain de 1 300 m² autorisant la construction de locaux spacieux destinés à accueillir la sous-préfecture et le tribunal de commerce.

La construction de la sous-préfecture débute en janvier 1899 et se termine en 1901. C’est l’entrepreneur Rigaud qui est chargé de l’exécution des travaux. Une grève générale des ouvriers du bâtiment interrompt le chantier durant 6 semaines. Par ailleurs, le bois de construction est jugé non conforme au cahier des charges par l’architecte Charrier. Un très long procès opposera ainsi l’entrepreneur au Département, et c’est finalement l’entreprise Richer de Redon qui terminera les travaux en 1901. Il faudra attendre encore 1 an pour que le sous-préfet et ses services s’y établissent car les caves ont été inondées…., les fondations étant construites sur une nappe phréatique.

Le 16 août 1902, la sous-préfecture s’installe dans ses nouveaux locaux et en avril 1915, pour loger la rutilante automobile du sous-préfet Guillenaut, un garage est aménagé.

Restauration de la sous-préfecture

En 1938, le conseil général vote des crédits pour réaliser des travaux essentiels à la conservation de l’immeuble. Un bâtiment de 29 mètres de longueur sur 8,5 m de largeur, d’une superficie de 1582 m² est édifié. Il comprend des archives et bureaux, puis à l’avant du bâtiment central, l’appartement privé du sous-préfet, les salles de réception et les bureaux du secrétaire et des employés. L’édifice de style « néo-renaissance » a vraiment fière allure, c’est la première fois que la sous-préfecture est aussi dignement logée. Si M. le sous-préfet André Bousquet pouvait alors connaître l’avenir… car dans la nuit du 15 au 16 janvier 1943, l’édifice est entièrement détruit par les bombes incendiaires, le mobilier et le matériel sont totalement anéantis, absolument rien ne pourra être sauvé.

La transition

Après ce sinistre, la sous-préfecture se replie temporairement à la Compagnie Worms au port de pêche, puis s’installe avec du matériel de fortune à l’hôtel Terminus en face la gare. Le sous-préfet est réfugié à Caudan, un chef de bureau à Guémené-sur-scorff... Puis la sous-préfecture s’établit à Auray au château de Sablen jusqu’en 1946.

La libération

A la fin de la guerre, le préfet réquisitionne un immeuble Bd Joffre pour y établir provisoirement les locaux administratifs en rez-de-chaussée tandis que le sous-préfet loge à l’étage. Ce provisoire va tout de même durer jusqu’au mois de juin 1951.

La nouvelle sous-préfecture : un lieu d’implantation de la sous-préfecture est recherché devant l’obligation de quitter l’immeuble réquisitionné le 14 avril 1951.

Bien qu’une reconstruction à l’identique de la sous-préfecture rue Bellefontaine ait été quelques temps envisagée, le Département acquiert de M. Brazier du Thuys, directeur des établissements Pont à Mousson en Belgique, un immeuble rue Claire Droneau à 300 mètres seulement de l’ancienne sous-préfecture. Les services s’y installeront en rez-de-chaussée tandis que le sous-préfet occupera l’étage. A cette fin, le ministre de la reconstruction accorde une fraction de 20 millions de l’époque, affectés au titre de dommage de guerre à la sous-préfecture de Lorient ainsi qu’à la gendarmerie.

Cette opération immobilière est conclue avec l’accord du préfet Robert Lecuyer.

Conformément à la loi 46 2389 du 28 octobre 1944, le préfet du Morbihan dépose, en juin 1952, une demande d’indemnité au titre des dommages de guerre dans le cadre de la priorité nationale. Il adresse au ministre de la reconstruction et de l’urbanisme, un inventaire établi fort heureusement avant le bombardement, le 9 janvier 1942, lors du départ du sous-préfet Chuilliat et d’après les témoignages de MM. Roger et Maheo, employés de la sous-préfecture de Lorient, le tout permet une évaluation précise de la consistance du dommage en valeur de 1939.

80 millions de francs seront consacrés à la reconstruction de la sous-préfecture de Lorient. Le déménagement des services s’effectue en mai 1952. L’immeuble de la rue Claire Droneau demeurera ainsi uniquement affecté à la résidence du sous-préfet. Celle-ci sera inaugurée officiellement le 11 juillet 1954, par un certain François Mitterrand, alors ministre de l’Intérieur.

Et déjà, la construction d’une nouvelle sous-préfecture s’amorce Quai de Rohan. C’est en 1955 que le préfet du Morbihan décide de reconstruire le tribunal civil en même temps que la sous-préfecture de Lorient. le Département a acquis un terrain Quai de Rohan, et après entente avec la ville de Lorient, le projet de construction du tribunal de grande instance construit à angle droit avec la sous-préfecture de Lorient est acté.

Ainsi la nouvelle et actuelle sous-préfecture est-elle inaugurée le 6 juillet 1964, par Raymond Marcellin, ministre de la santé publique et de la population.

Les services s’installent au rez-de-chaussée et occupent également trois bureaux dans une aile du commissariat et une pièce est réservée aux archives de la sous-préfecture à l’étage (tribunal). Le jardin est magnifique, arboré et paysagé avec un menhir…, un bassin rempli de poissons rouges et un petit cours d’eau qui serpente à travers fleurs et végétaux. Les services des cni/passeports, urbanisme, suspension de permis de conduire, ainsi que les bureaux du secrétaire général et du sous-préfet s’ouvrent sur la grande terrasse surplombant légèrement le parc.

En 1981, un important agrandissement est réalisé sur l’emprise du jardin, afin d’assurer le redéploiement des services et la décentralisation de la délivrance des cartes grises et des permis de conduire. L’inauguration est faite par M. Pandreau, adjoint au ministre de l’intérieur de l’époque.