Rue Jean Cavaillès

Rue située dans le quartier de Saint-Armel dans le prolongement de la rue Robert Schuman. A l'époque de sa dénomination, elle faisait pârtie du lotissement De Vitton.

Jean Cavaillès, né le 15 mai 1903 à Saint-Maixent (Deux-Sèvres) et fusillé le 17 février 1944 à Arras (Pas-de-Calais), est un philosophe et logicien français, héros de la Résistance. Cofondateur du réseau Libération-Sud pendant la Seconde Guerre mondiale, il rejoint le réseau Libération-Nord.
Mobilisé en septembre 1939, comme officier de corps franc puis officier du chiffre au ministère de la guerre, il est cité pour son courage à deux reprises. Fait prisonnier le 11 juin 1940 en Belgique, il s'évade et rejoint à Clermont-Ferrand l'université de Strasbourg qui y est repliée. Un haut dignitaire de l’université lui reproche d'avoir déserté parce qu'il s'est évadé7. Il est cofondateur à Clermont-Ferrand, en 1940, avec Lucie Aubrac et Emmanuel d'Astier de La Vigerie du mouvement Libération-Sud. Il contribue également à la fondation du journal Libération destiné à gagner un plus vaste public. Le premier numéro paraît en juillet 1941. En 1941, il est nommé professeur de logique et de philosophie des sciences à la Sorbonne. Il participe alors en zone nord à la résistance au sein du mouvement Libération-Nord. Il s'en détache pour fonder en 1942, à la demande de Christian Pineau, le réseau de renseignement Cohors-Asturies. Il est favorable à une action militaire.Il est arrêté par la police française en août 1942 et interné à Montpellier puis à Saint-Paul-d'Eyjeaux, d'où il s'évade en décembre 1942. Il y rédige - à l'aide de seulement quelques livres que des amis ont pu lui apporter - son "testament philosophique", publié ultérieurement et posthumément, par les soins de Georges Canguilhem et de Charles Ehresmann, sous le titre délibérément neutre Sur la logique et la théorie de la science (1947). Dans le camp, il donne une conférence sur "Descartes et sa méthode" où, selon certaines sources, il utilise la philosophie mathématique comme un langage codé8. En tout cas, la fin de la conférence ne laisse rien dans l'obscurité: "C'est un tonnerre d'applaudissements quand Jean Cavaillès, après avoir rappelé la traversée de l'embouchure de l'Elbe à la Hollande, où Descartes, menacé par des mariniers, dégaina avec courage et avec succès - ajouta: « Il faut toujours savoir tirer l'épée »".
Il rencontre Charles de Gaulle à Londres en février 1943. Revenu en France en avril de la même année, il se livre essentiellement au renseignement et au sabotage visant entre autres la Kriegsmarine et l'inspection des installations allemandes de 'radiophare' sur les côtes (mission Ramier, qu'il confie à son ami de Normale Yves Rocard, physicien très réputé.). Il confie à son adjoint et ancien élève Jean Gosset la direction de l'Action immédiate. Il se plonge de plus en plus profondément dans les actions directes de sabotage, seul et au sein de groupuscules convaincus, comme lui, de la priorité de l'action militaire et paramilitaire offensive sur la propagande. L'insertion dans tous ces contextes devient écrasante. Voici quelques-uns de ses hétéronymes à usages divers: Marty, Hervé, Chennevières, Bucéphale, Pégase, Carrière, 95078, Benoît, Crillon. « Là où est le danger, là aussi doit être le chef. » Il fuit les dicussions et activités politiques anticipant sur les questions de pouvoir et de Realpolitik de l'après-guerre, qui prennent une place de plus en plus importante dans les questions de direction et d'organisation des divers mouvements de Résistance. Sans doute y a-t-il aussi eu des discussions quant au commandement de divers groupes et quant à la stratégie à suivre, notamment au sein de Libération-Nord. Cavaillès rompt avec le comité directeur de ce dernier mouvement; la séparation entre Libération-Nord et Cohors s'en suit. Entretemps Cohors est infiltré suite aux actions de contre-espionage de l'Abwehr IIIF, moyennant le "retournement" d'agents de liaison capturés, introduits dans le Funkspiel (« jeu de radio », technique destinée à capter le trafic radio notamment avec l'Angleterre). Cavaillès est trahi par un de ses agents de liaison sans doute "retourné" d'une telle façon. Arrêté le 28 août 1943 à Paris ensemble avec sa sœur Gabrielle, son beau-frère Marcel Ferrières et quatre autres membres de son réseau (dont Pierre Thiébaut), il est torturé par la Gestapo de la rue des Saussaies. Il ne parle pas, Cohors survit. Tous les sept sont incarcérés à Fresnes. L'Abwehr a fait des tentatives intensifiées afin de le "retourner" et ainsi de réaliser un coup de maître de contre-espionage offensif. Ils croient réussir, mais c'est tout en vain. Les « pianistes » de Cohors pour le jeu de radio sont mis « en sommeil » pour quelques mois. « Le prof de la Sorbonne » impressionne ses interrogateurs par les citations de philosophie et de culture allemandes qu'il produit devant eux. Après cinq mois, Gabrielle Ferrières est remise en liberté, les autres sont transmis à Compiègne en attente d'être déportés. Mais ensuite l' "affaire Marty" connaît un revirement: on découvre que l'énigmatique et introuvable "Daniel" des sabotages dans le Nord n'est autre, encore, que "Marty". Une fois l'ampleur de ses activités réalisée, en particulier de celle militaire ressortant sous le pseudo Daniel au sein de la section d'Action immédiate (la GRAC, fondée avec Jean Gosset), le sort de Cavaillès semble scellé. Des recherches assez récentes en histoire de la Résistance ont révélé qu'il y a eu quelques interventions de personnes influentes, même vichyistes dont Jérôme Carcopino, directeur de l'ENS, Marcel Déat et le général Bérard, en faveur de Cavaillès11. Elles n'auraient pu aboutir. Cavaillès était déjà comparu devant un tribunal militaire allemand et il avait été fusillé sur-le-champ le 17 février 1944 dans la citadelle d'Arras. Il est enterré dans une fosse commune sous une croix de bois portant l'inscription « Inconnu no 5 ». À la Libération, son corps est exhumé. Compagnon de la Libération à titre posthume, il repose dans la chapelle de la Sorbonne.

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Appellation adoptée par délibération du conseil municipal du 12 novembre 1971.