Rue du Chalutier La Tanche

Le Tanche était un chalutier-patrouilleur, commandé par la Marine nationale en 1916, et construit en 1918 à la Palice par les chantiers Delaunay Belleville. Il avait une longueur de 40,22 m pour 7,12 m de largeur et un tirant d'eau de 4,87 m; jauge brut 276 tonneaux. Ce navire était équipé d’une chaudière au charbon et d’une machine alternative à triple expansion de 450cv qui le propulsait à 9 nœuds. L’armement est constitué d’un canon de 90 mm et d’un canon de 47 mm. Son lancement se déroulera le 9 juin 1918. Après les essais en mer, le chalutier est placé en réserve au sein de la flottille de zone Loire à Lorient. Après plusieurs affectations, “Tanche” est armé comme garde-pêche en octobre 1919 puis désarmé à Marseille la même année. En janvier 1920, il est acquis par le secrétariat à la Marine marchande au bénéfice de l’Office Scientifique et Technique des Pêches Maritimes. Dès le 1er février 1920, il appareille à Lorient où après des modifications faites à l’arsenal, il effectuera des missions de recherches océanographiques jusqu’en 1928, en particulier sur la migration des thons. Le 20 avril 1930, Messieurs Alterre et Paris d’Equeurdreville (dans la Manche) l’achète aux Domaines pour le démolir. Mais, le chalutier est cependant revendu le 5 mai à l’armement fécampois « Merrienne Frères », il est alors transformé au Havre pour la pêche et participe à toutes les campagnes au hareng jusqu’en 1939. Le chalutier, est alors réquisitionné au début de la guerre pour être transformé en dragueur auxiliaire, puis rapidement rendu à son propriétaire sans transformations. Il repart donc au hareng, puis en 1940 il est armé au maquereau.

Le drame

En juin 1940, c’est la débâcle. La progression des armées allemandes à travers la France s’accompagne de nombreux drames (évacuation de Dunkerque, bombardement du Lancastria à St Nazaire). Après l’appel du Général De Gaulle, le préfet maritime - le Vice-amiral Hervé de Penfentenyo de Kervereguin donne l’ordre aux bateaux de pêche d’évacuer Lorient. Les navires présents à Lorient commencent à évacuer le port dès le 15 juin. Le mercredi 19 juin 1940 c’est la confusion la plus totale sur le port ; civils, militaires français et étrangers cherchent absolument à partir, "Tanche" et “Saint Pierre", son sister-ship, sont amarrés à coupe et pris d’assaut par les réfugiés. "Tanche" appareille à 15 heures après « Saint Pierre ». Des avions allemands ont largué des mines la veille, la passe Ouest n’a pas été sécurisée à l’heure du départ de «Tanche ». A 16h10, sous le commandement du patron Georges Fréger, il saute sur une mine magnétique dans les coureaux de Groix, à proximité des rochers nommés «Les Errants» et «la Truie» en face de Larmor-Plage et disparaît en quelques minutes.

Le bilan

Ce jour-là, il y avait à bord, en plus des 30 hommes d'équipage, environ 200 personnes qui fuyaient l’arrivée des Allemands. Parmi les passagers se trouvaient des lycéens du lycée Dupuy de Lôme, (Louis Allain de Vannes, Henri Delacre, Pierre Jahan et le jeune Lancelot), des réfugiés, des aviateurs français, des soldats polonais, des apprentis de l’Ecole des Mécaniciens de la Marine de Lorient et des soldats de divers corps, les femmes et les enfants des marins.

Dans un premier temps, Il y eu douze survivants, mais deux vont mourir à l’hôpital maritime de Lorient. Pendant longtemps, après ce drame, on retrouvera des corps rejetés par la mer, sur les rivages de l’île de Groix et sur les diverses plages de la côte, depuis Quiberon jusqu’à Brigneau.

Le souvenir

Une stèle où reposent les restes des victimes de ce naufrage a été inauguré en 1987 au cimetière de Kerentrech à Lorient. Un  film réalisé en 2005, «L'appel englouti de la liberté : le naufrage du chalutier "Tanche" 19 juin 1940 », retrace les faits à partir d'une longue enquête auprès des rescapés, des témoins du naufrage et des familles de victimes. Le dernier survivant, Yves Le Berre, est décédé en 2010 à 90 ans.<xml></xml>

Source : recherches effectuées par Mme Le Berrigaud, Université du Temps Libre de Lorient


Appellation adoptée par délibération du conseil municipal du 11 juin 1949.