Simone Le Port

Simone Le Port (1920-2009)

Simone Le Pen, née à Inguiniel le 3 juillet 1920, épouse Julien Le Port le 29 août 1939. Le mois suivant, ils s’installent à Lorient. En janvier 1943, ils se réfugient dans une ferme au Ruffaux à Melrand.

Le 1er mars 1943, elle entre dans la Résistance en tant qu’agent de liaison dans le groupe du Bureau des Opérations Aériennes (BOA) dont son mari est l’un des dirigeants. Elle cache des réfractaires au Service du Travail Obligatoire et des résistants alors que son mari organise notamment des parachutages d’armes auxquels elle participe. Le 16 avril 1944, les Allemands arrivent à la ferme. Quelques armes et des munitions sont découvertes dans la maison qui est alors incendiée. Sauvagement battue sur place, elle est ensuite emmenée à la prison de Pontivy où elle subit un interrogatoire qui dure huit jours. Transférée ensuite à Vannes où elle reste deux mois, elle est condamnée à mort par la Gestapo. Sa peine est commuée en déportation.

Le 1er juillet, elle part pour le fort de Romainville. Le 18 juillet 1944, elle est embarquée dans un train pour le camp de torture de Neue-Bremm à Sarrebrück avant d’être transférée, le 26 juillet, au camp central de concentration de femme à Ravensbrück, sous le matricule 47358. C’est le début des appels pouvant durer trois heures et des journées de travail harassantes de douze heures. Mi-août, son groupe part au Kommando du camp auxiliaire de Neubrandenburg pour nettoyer un terrain d’aviation et creuser des tranchées. Le 28 avril 1945, les Allemands organisent le déplacement des internés. Après deux jours de marche, elle s’échappe avec un petit groupe. Le 8 mai, elle atteint la zone américaine. Après un périple de plus de 300 kilomètres à pied, elle prend le train en Belgique et arrive en gare d’Auray le 24 mai.

À peine rétablie, elle repart en Allemagne pour participer à l’identification du personnel des camps. Ensuite, elle s’engage en politique au côté du parti communiste français et dans la lutte syndicale. Investie dans la FNDIRP (Fédération Nationale des Déportés et Internés, Résistants et Patriotes) et dans l’ANACR (Association Nationale des Anciens Combattants de la Résistance), elle n’a de cesse de témoigner, en particulier dans les établissements scolaires, de l’horreur de la guerre et de la déportation. Simone Le Port disait « je pardonne aux Allemands, mais je ne pourrai jamais oublier ».