Robert Pourchasse

Robert Pourchasse

Robert Pourchasse est né le 13 avril 1923 à Bubry. Il entre dans la résistance en février 1943, contacté par un responsable FTP du secteur de Bubry. Employé à l’État-civil de la commune, il établit des faux papiers pour les résistants et les requis du STO en Allemagne. Il effectue des rapports sur les Allemands qui viennent recruter des ouvriers pour la construction de la base de sous-marins de Lorient ou du mur de l’Atlantique ; il sabote  aussi leurs camions. Agent de liaison, il est chargé de ravitailler les maquisards des bois de Bubry. Il imprime également des tracts et des affichettes.

Dénoncé, il est arrêté le 7 février 1944. Emprisonné à Rennes la nuit même, il est transféré à Compiègne le 23 mai au camp de Royallieu. Le 4 juin 1944, on l’informe de son départ pour travailler Allemagne. En fait, il est envoyé au camp de concentration de Neuengamme où il devient le numéro de matricule 34127. Il est aussitôt utilisé pour la briqueterie du camp. Au bout d’un mois, il est affecté au kommando de Stöcken-Accus à Hanovre. Il travaille pour une fabrique d’accumulateur de sous-marins où les travaux les plus pénibles et les plus insalubres sont réservés aux déportés. Après trois mois, exténué, il se brûle grièvement la main avec du plomb incandescent. Renvoyé dans son block, affaibli, les appels quotidiens sont une véritable torture. Il attend quinze jours avant d’être envoyé à l’infirmerie du camp central. Sa main en putréfaction est amputée de deux doigts et d’une partie de la paume. Il intègre un bâtiment pour convalescent. Il est rapidement employé au kommando des tresses (tresser des cordes ou des filets avec des chiffons). Fin mars 1945, l’abandon du camp central a été ordonné afin de faire disparaître les traces de la déportation. Il est pris en charge par la Croix-Rouge suédoise et est transféré au kommando de Watenstedt-Salzgitter qu’il quitte le 7 ou le 8 avril. Quand ils arrivent à Ravensbrück, le 15 avril, 700 personnes sont mortes durant le convoi. Le 23, avec un groupe, il quitte le camp à pied. Il est libéré le 2 mai à Parchim et revient à Bubry le 21 mai. Fin 1945, il entre à l’arsenal et s’installe à Lorient. Il s’investit dans l’UNADIF (Union Nationale des Associations de Déportés, Internés et Familles de disparus) dont il est aujourd’hui le président honoraire. Il n’a de cesse de témoigner dans les collèges et les lycées. En 2012, son fils Philippe publie le récit de sa déportation.