Maurice Le Bouhart

un Keryadin déporté à Buchenwald

Maurice Le Bouhart (1922-1979)

Maurice le Bouhart est né le 24 février 1922 à Keryado. En février 1941, il est recruté par François Cornn, membre du Front national, section de Lorient. Il distribue clandestinement des tracts et des journaux patriotiques appelant à toute forme de résistance. Dès le mois de mars, il est chargé d’installer avec Pierre Theuillon, une imprimerie clandestine, rue Edgar Quinet. Le local est perquisitionné le 10 juillet 1942.

Dénoncé, il est arrêté par la police française le 11 octobre 1942 dans le salon de coiffure où il travaille (cours de Chazelles). Après avoir passé un mois dans la prison de Lorient, sous l’inculpation d’activité communiste, il est transféré à Rennes, le 4 novembre, pour être jugé devant le tribunal spécial. Le 10, il est condamné à  1 200 francs d’amende et de frais de justice et à un an de prison, peine qu’il purge à Fougères. Le 11 octobre 1943, il est informé qu’il est maintenu en détention jusqu’à nouvel ordre. Début novembre, il est remis aux autorités allemandes et est transféré au camp de Compiègne. Le 16 janvier 1944, il part pour le camp de concentration de Buchenwald, matricule 41045. Dans le wagon, c’est déjà l’enfer : « …la soif, la pire torture que j’ai connue … Nous pataugeons dans les excréments… » écrira-t-il plus tard. D’abord employé à la carrière pour récupérer les pierres qui servent à paver la cour du four crématoire, il est ensuite affecté à la blanchisserie en tant que coiffeur. Il pense que c’est ce qui lui a sauvé la vie, qu’il n’aurait pas survécu à la carrière.

Le 11 avril 1945, combattant de l’organisation clandestine de combat, il participe à la libération armée du camp. Le 13 avril, il prononce dans l’enceinte du camp, avec les autres rescapés, un serment honorant les 56 000 victimes assassinées à Buchenwald et dans ses kommandos. Il ne revient à Paris que le 29 avril. Trois jours plus tard, il prend le train pour Lorient. La Poche de Lorient est encore formée. Il s’arrête à Auray. Après avoir retrouvé sa mère et sa fiancée à Saint-Barthélémy, il revient à Lorient au mois de septembre. Malade et infirme, il ne peut plus assurer de travaux de force. En août 1946, il ouvre un salon de coiffure dans un baraquement de la place de La Liberté à Keryado. Entre temps, son entourage lui demande de relater ses conditions de déportation pour les Keryadins. Il écrit alors son histoire dans un simple cahier d’écolier. Il décède le 10 octobre 1979 à Lorient à l’âge de 57 ans.