Charles Nédélec

Charles Nédélec (1904-1954)

Charles Nédélec est né le 14 septembre 1904 à Hennebont. La crise de 1929 le pousse à partir travailler au Canada. Il revient en 1937 et achète un garage à Keryado, rue de Belgique. Dès le 4 septembre 1939, il demande, en tant que naturalisé canadien, à être enrôlé dans l’armée canadienne et le 19 juin 1940, il est autorisé à se rendre en Angleterre. De juillet 1940 à 1943, il est dans la résistance (pseudonyme Cabrol) sous les ordres d’Alphonse Tanguy : il effectue des  sabotages de véhicules et renseigne. En 1941, son garage est investi par les Allemands et la cohabitation est difficile. L’organisation Todt lui adresse un courrier lui demandant d’entretenir de meilleures relations avec l’occupant.  Avec sa famille, il se réfugie à Lanvénégen en 1943.

En mai, il décide de rejoindre sous le pseudonyme Azra, les Forces Françaises Libres en Angleterre via l’Espagne. Il y est arrêté et interné comme terroriste au camp de Miranda dont il parvient à s’évader. En Angleterre, il suit un entrainement intensif. En octobre 1943, il est parachuté dans le Morbihan pour créer un centre de réception. Dénoncé, il est arrêté à Guiscriff, le 8 mai 1944, lors de la réception d’un parachutage. Emprisonné à Rennes, affreusement torturé, il ne dévoile rien sur l’organisation du réseau Alibi. Le 28 juin 1944, il est transféré au camp de transit de Compiègne-Rethondes. Il est déporté en l’Allemagne par le convoi du 18 août et arrive à Buchenwald le 21 août. Le 13 septembre 1944, il fait parti des 480 déportés, provenant des prisons françaises, affectés au kommando de Neu-Stassfurt pour travailler dans les mines de sel. Il porte le matricule 80995. Divisés en deux équipes, une de jour et une de nuit, ils travaillent douze heures d’affilée pour aménager d'immenses salles souterraines, destinées à accueillir une usine de fabrication de moteurs d'avions à réaction. Les conditions de vie sont particulièrement terribles. Entre le 1er octobre et le 10 avril 1945, 94 détenus meurent. En janvier 1945, le kommando est renforcé par 300 déportés juifs. Le 11 avril, le camp est abandonné. Jusqu’au 8 mai, date de libération par les troupes soviétiques à Annaberg, la colonne, encadrée par les SS et la kapo, parcourt 375 kilomètres. Entre ces deux dates, environ 197 Français meurent.

Il est rapatrié à Keryado en juin 1945, très diminué physiquement et psychiquement. Il meurt des suites de sa déportation neuf ans plus tard. Son histoire est connue au travers de l’ouvrage d’Edouard et François Michaut, Esclavage pour une résurrection, publié aux Editions du Cep  en 1945, dans lequel il est cité à plusieurs reprises.