Les affrontements

Affrontements et ligne de front

Une cahute entre Gestel et Pont-Scorff
Des hommes de la 19e DI dans une cahute
Un GI manipulant un obus

Pendant 277 jours, c’est à une guerre de positions que se livrent les armées belligérantes avec quelques combats violents mais limités (Sainte-Hélène, Etel). A partir du mois de janvier, les positions des forces en présence ne vont plus évoluer jusqu’à la capitulation. Mais, les tirs gagnent en intensité : en mars, le réseau de l’alimentation d’eau de Kéryado et la station de pompage de Lannénec sont rendus inutilisables pour les occupants. Attaques surprises et tirs de harcèlement se succèdent.

Les conditions de vie sont particulièrement difficiles, au dedans comme à l’extérieur des limites du siège. Le ravitaillement est mal assuré.


Batterie américaine pilonnant les positions allemandes

Les forces françaises se réorganisent

Hommes du 19e Dragons
4e régiment de fusiliers marins

Le 26 octobre 1944, le général Borgnis-Desbordes prend le colmandement de la 19e DI (dite division bretonne) qui remplace les FFMB.
Plus de 9000 hommes sont répartis entre le 19e Dragon (2 escadrons), les 118e, 71e et 41e régiments d’infanterie et trois bataillons d’infanterie de type Rangers, le 10e régiment d’artillerie, un bataillon de sécurité, une compagnie de transmission et une autre de Q.G. (360 officiers et soldats). Le 4e régiment d’infanterie de l’air issu des FFI du Loir-et-Cher (1 300 volontaires) s’installe dans le sous-secteur de Nostang du 10 novembre au 1e décembre ; enfin des fusiliers-marins (600 hommes) sont également présents. 20 223 Français sont alors engagés sur le front. Une situation difficile persiste dans les domaines de l’équipement, de l’habillement et de la militarisation des résistants au sein de la 19e division d’infanterie. Et les relations internes deviennent parfois tendues.

Au 1e janvier 1945, le sous-secteur ouest passe sous commandement américain et le sous-secteur est sous contrôle français.


Le colonel Muller et ses hommes du 118e RIM

La reprise de Sainte-Hélène

L'église de Sainte-Hélène en 1945
L'église aujourd'hui

A l’est du front, les troupes allemandes tentent d’élargir la Poche à la limite naturelle qu’est la rivière d’Etel et de s’approvisionner en pommes de terre. Sainte-Hélène abrite également le P.C. du commandement F.F.I. Le Coutaller où transitent des parachutistes anglais sous l’action du Colonel Bourgoin. Le 11 septembre 1944, des artilleurs allemands pilonnent Sainte-Hélène et incendient le bourg. 90% des habitations sont détruites et la population est contrainte à l’exil. Les vestiges de l’église témoignent aujourd’hui du drame. Le 28 octobre, après d’âpres combats, la commune tombe finalement aux mains des troupes allemandes et l’événement est relayé par Radio Berlin comme une victoire décisive. Les patriotes parviennent néanmoins à conserver la maîtrise du pont et à empêcher l’extension de la Poche.

Les bombardements

Abri de combat à Plouharnel
Un abri à Plouharnel
La centrale électrique de l'arsenal après les bombardements
L'église de Guidel

A la mi-août, les attaques aériennes menées sur la base de sous-marins ralentissent. Mais, le 26 août, un appareil pilonnant la zone de Kervignac à Port-Louis, frappé par un tir de D.C.A., s’écrase dans une exploitation à Kérastel en Riantec faisant une victime civile. Le 11 octobre, Port-Haliguen est bombardé. Début novembre, c’est le tour du Pont du Bonhomme.

Les tirs d’artillerie visent principalement les observatoires (les clochers, comme celui de Guidel le 3 février). Le 1er objectif est la neutralisation mutuelle des points d’observation et des batteries. Le 24 septembre, la puissante batterie du Bégot est sous le feu des Alliés mais sans dégâts majeurs. Le 17 octobre, les FFI réitèrent les tirs depuis Saint-Colomban ; le 4 novembre, les tirs de la batterie atteignent le chapelle Saint-Michel près de Carnac. Le 10 novembre, l’artillerie frappe de 500 coups le Bégot tandis que depuis la route allant de Plouharnel à Erdéven et celle de Sainte-Barbe et Plouharnel, trois tours d’observation allemandes sont détruites. L’Etat-Major du Corps d’Armée allemand décide de renforcer le point d’appui, ce qui entraîna la nomination d’un commandant, le capitaine Von Maltzahn, responsable de la défense de la batterie et de la presqu’île.

Les dépôts de munitions et de carburant sont également les cibles de tirs : le 27 janvier à Kermalo en Guidel, le 9 mars à Merlevenez, le 13 avril à Kerloeïz en Riantec.

Ces attaques ne sont pas sans endommager sérieusement les communes, parfois par manque de précision. A l’automne 1944, l’arsenal de Lorient est fortement touché. Le 16 février, des tirs d’essai des canons de la batterie du Bégot en direction de la gare de Vannes atteignent des habitations et tuent 7 personnes.

Au mois d’avril, les bombardements se multiplient, les dégâts matériels sont importants dans la région de Plouay et d’Hennebont.

Des missions sont assignées à l’artillerie lourde américaine comme la destruction des 3 canons de la batterie du Bégot à Plouharnel. En avril, la batterie de Quiberon est rendue inutilisable et les canons de 203 mm de Groix sont détruits.

Au total, 144 civils seront victimes de ces bombardements.