Formation de la Poche

La difficile avancée des alliés

Maquisard du 7e bataillon FFI
Combats pour la prise de Lorient sur la RN165 près de Gestel

Après le débarquement allié en Normandie le 6 juin 1944, et alors que le reste de la Bretagne est libérée en août, autour de Lorient, la logique du Festung triomphe.

Profitant du retard pris par les Américains, les formations allemandes du Finistère et du reste du Morbihan se retranchent sur Lorient entre le 4 et le 6 août. Le général Fahrmbacher, promu commandant supérieur en Bretagne, lui-même replié dans l’un des bunker de la base de Keroman, a reçu l’ordre d’Hitler de tenir le Festung au moins huit semaines (56 jours).

Depuis Arzano, le Combat Command B gagne Pont-Scorff le 7 août en vue de prendre Lorient avec l'aide du 7e bataillon FFI du Morbihan.
A Quéven, ils subissent les tirs de la batterie du Moustoir-Flamm. Quelques unités progressent vers Lorient. A Kerlétu, une nouvelle attaque d'une batterieDCA allemande les incite à faire demi-tour et à se replier sur Pont-Scorff. Le Combat Command B restera sur le front de Lorient.

Depuis Auray, le Combat Command A - 4e DB tente une percée sur Hennebont mais face aux tirs d'artillerie se dirige vers Lochrist où il se retrouve bloqué. La formation se replie sur Caudan le 9 après avoir renoncé à s'engager sur Lanester. Finalement, le Combat Command A abandonne le front de Lorient pour Nantes.

La semaine sanglante d’Hennebont

Soldats alliés sur les bords du Blavet à Hennebont
Fantassin américain progressant à l'abri d'un blindé à Hennebont

A l’annonce de l’arrivée des Alliés, le général Fahrmbacher renforce ses positions sur la commune.
Les forces américaines rejoignent le centre-ville d’Hennebont le 7 août 1944. Des bombardements font 21 morts civils. Mais les Allemands se sont repliés non loin, à Saint-Caradec d’où ils détruisent un char américain. Les 5e et 7e bataillons FFI ont pris position sur la rive gauche du Blavet ; les Allemands entre-temps, ont fait sauter les ponts. Le centre-ville en flammes, la commune se vide de sa population avec l’aide des FFI. Depuis Vannes, un convoi de camions emmène les sinistrés dans toutes les communes du département, en particulier Inzinzac-Lochrist et Languidic, bien que l’ordre d’évacuation n’ait pas été promulgué à cette date.
Le 8 août, un corps franc du 5e bataillon FFI arrive à Hennebont depuis Baud et se place près des ponts que les Allemands ont fait sauter. Le lendemain, le bataillon progresse à Saint-Caradec, la Vieille-Ville et chasse les Allemands du camp des Genêts. Il s’établit au Touldouar et au camp de Saint-Nudec à Lanester. Le 7e bataillon se charge dans le même temps de neutraliser la partie est de la commune. ; une section du même bataillon libère le château de Bel-Air, la zone de Kergars et de Kerlivan. Le même jour, la 1e compagnie établit son Q.G. au camp du Capitaine de Beaufort tandis que les prisonniers allemands sont regroupés aux Haras d’Hennebont. Le 10 août, la commune est encore occupée dans sa périphérie : la ligne de front longe la voie ferrée par le sud, coupant Hennebont en deux. Le 12, les troupes ennemies essuient un nouvel échec en tentant de reprendre le point d’appui de Kerlois : un FFI est tué.
Les civils vont subir la vengeance d’une armée en déroute : le 6 août, 5 hommes sont fusillés à Kerpotence et à Saint-Gilles, entre le 7 et le 9 août, 28 personnes sont massacrées dont 19 rien que dans la journée du 7 alors que la moitié de la commune est tout juste libérée. Le 11 août, 9 habitants de Villeneuve sont froidement fusillés. Au total, entre le 6 et le 11, 39 civils, 4 FFI et 150 soldats allemands trouvent la mort.

Quéven « par le fer et par le feu »

Le monument de Beg Runio
Le centre de Quéven détruit
Le château de Kerrousseau

Depuis Arzano, le Combat Command B (C.C.B.) du général Draggers gagne Pont-Sorff le 7 août 1944 en vue de prendre Lorient avec l’aide du 7e bataillon. Des troupes ennemies sont postées dans le Bas Pont-Scorff, prêtes à répondre. A Quéven, les combattants alliés subissent les tirs d’artillerie de la batterie allemande du Moustoir-Flamm qui causeront 20 morts côté américain et plus de 80 blessés, sans compter des dégâts matériels. Quelques unités blindées progressent vers Lorient via Quéven en fin d’après-midi. Elles sont en position à Beg Runio au niveau de la voie ferrée lorsque survient un train transportant notamment 33 otages français arrêtés le 4 août à Rosporden. Le convoi se retrouve au milieu des tirs des armées belligérantes et 9 otages, en tentant de s’enfuir du wagon en feu, trouvent la mort. Le monument de Beg Runio rappelle aujourd’hui cet épisode.
Au “Perroquet vert” à Kerlétu tout près de Keryado, alors que les blindés continuent leur progression, nouvelle attaque d’une batterie de D.C.A. allemande. Les pertes (3 chars) et la puissance de feu ennemie incitent les chars à faire demi-tour. Le général Draggers se retire derrière le ruisseau de Kerruisseau (le P.C. des blindés sera installé au sud du château de Kerrousseau).
A Quéven, les combats font rage. Après avoir procédé à des expulsion sponctuelles dns les villages, le 16 août les allemands décident l’évacuation totales de la population. 2000 personnes prennent le chemin de l’exil, 200 resteront à Quéven.
La commune de Quéven subit les feux des batteries jusqu’au 18 août. Le bourg est détruit à 80 %.