Festung Lorient

Salle d'identification des appareils à Lann-Bihoué
Construction des pistes à Kerlin-Bastard
Porh-Puns à la pointe de Gâvres

Le mur de l’atlantique, décidé le 14 décembre 1941 par Hitler dès l’entrée en guerre des Etats-Unis, doit éviter à l’Allemagne la constitution d’un second front à l’ouest, pendant qu’elle poursuit son invasion en URSS. La priorité est la défense des bases de sous-marins dont le rôle offensif est fondamental, puis des grands ports jugés indispensables à la logistique d’un débarquement et enfin des points les plus importants de la côte.

Les Allemands protègent donc Keroman contre un éventuel débarquement, mais aussi contre les attaques terrestres, en cas d’un débarquement ailleurs. Des travaux à grande échelle s’engagent à l’automne 1942, ils durent jusqu’en mai 1944. C’est le Festung Lorient, une ligne de fortification de 24 km qui inclut l’île de Groix.

D’anciennes fortifications du littoral, tout comme des batteries d’alerte et des réserves françaises sont réutilisées et renforcées : Gâvres (1920, modernisée en 1939) ou construite pour la guerre comme à Kergroix (Quiberon).

Le Festung abrite deux équipements majeurs : la base des sous-marins et le terrain d’aviation de Kerlin-Bastard (futur Lann Bihoué). Il compte au total plus de 400 blockhaus, nids de mitrailleuses, tours de guet, hôpitaux souterrains, ateliers de maintenance… 400 000 m3 de béton sont nécessaires à la réalisation de la défense de la région lorientaise (hors base des sous-marins). Par ailleurs, de nombreux dépôts d’armes sont disposés sur le territoire : au nord de l’étang du Ter (Ploemeur), à Kersalo (Pont Scorff) avec des installations de la Kriegsmarine, un dépôt de cones de combat à Mentec (rive droite du Scorff), deux autres sur les rives du Scorff, un dans la citadelle de Port Louis. Enfin, à proximité de la base des sous-marins, six bunkers abritent les torpilles des sous-marins.

 

 

La base aéro-navale de Lann-Bihoué en 1941 :

 

- Superficie : 1200 hectares

- 2 pistes

- chemins de roulement

- 75 hangars (dont 37 à double voûte en béton et partiellement enterrés)

- 150 baraques de grande taille (en moyenne 40 m sur 9 m)

- nombreux bunkers

- 5 châteaux d’eau enterrés et une piscine

- une voie ferrée venant de Gestel et la gare de Kervilien

- 7 soutes à carburant entérrées

- une plate-forme pivotante pour la compression des compas des aéronefs (vestiges visibles à Kervaise)