Rue du 62e Régiment d'Infanterie

Plaque de rue du 62e RI
Plaque de rue du 62e RI
Plaque de rue du 62e RI
Plaque de rue du 62e RI
Plaque de rue du 62e RI
Plaque de rue du 62e RI

La rue du 62e Régiment d'Infanterie est située dans le quartier de l'Eau courante entre le boulevard du maréchal Joffre et la rue du Couëdic.

L’origine du Régiment remonte à 1615 durant le règne de Louis XIII. Il porte tout d’abord le nom de son premier colonel-propriétaire « DE BEAUMONT».
Il porta ensuite les noms de ses différents colonels, comme de coutume à cette époque où les régiments s’achetaient :
-CHATELLIER-BARLOT, 1628
-DE VELLENAVE, 1634
-DE VILLANDRE, 1638
-DE POUDREUX, 1645
- D’HERBOUVILLE, 1662
-DE SAINT-VALLIER, 1666
-DE CHATEAUNEUF, 1670
-DE BOURLEMONT, 1673
-D’ARTOIS, 1675.
Sous la Révolution, en 1790, le régiment d’Artois prit le n° 48. Cet ancêtre du 62ème était à Valmy en 1792 et en 1793, la 48ème demi-brigade forma avec d’autres bataillons la 95ème demi-brigade.
En 1795, le nombre de demi-brigades ayant été diminué, la 95ème reçut par tirage au sort le n°62. Elle fut renforcée en 1796 par un bataillon de la 4ème demi-brigade et fondue en 1803 avec le 99ème régiment. Ainsi constituée, la 62ème demi-brigade allait former pour plus de 120 ans le glorieux 62ème régiment d’infanterie de ligne. Sous Massena, il participa à la défense de GÊNES. Après avoir fait le siège de la ville de  GAETE (1806), il passa dans les CALABRES, participa à la prise d’assaut de SYLLA et se trouva en ALLEMAGNE en 1809.
A WAGRAM, il se couvrit de gloire, mais perdit 15 officiers et 228 soldats. En 1811, il était en Espagne et prit part aux combats de SALAMANQUA et LAGRONO.
Les 2ème et 3ème bataillons reconstitués en 1813 combattirent à LUTZEN, BAUTZEN, DRESDE et LEIPZIG.
Réorganisé sous Louis XVIII, le 62ème fut placé sous le commandement du colonel de SAINT-QUENTIN. C’est ainsi que de 1823 à 1825, le régiment ne s’illustra pas sur les champs de bataille mais en aidant les populations civiles de LYON, NANCY, BESANCON ou GRENOBLE (soin des cholériques, rétablissement de digues, lutte contre des incendies).
Le 62ème participa à la conquête de l’ALGERIE et fut envoyé en Afrique de 1836 à 1841. Sous le Second Empire, en 1864, le régiment était en CRIMEE. Il se distingua à SEBASTOPOL et à la TERCHNAIA où son drapeau fut criblé de balles. Le régiment fit preuve de la même bravoure au Mexique, notamment durant les combats de MATEHUALA. LORIENT eut sa caserne BISSON en 1839 et reçut tout d’abord le 2ème régiment de ligne. Ce fut en pleine guerre, après avoir subi de lourdes pertes, que le 62ème fit son entrée à Lorient le 5 octobre 1870. La ville restera le dépôt du régiment jusqu’à sa première dissolution en 1919.
Pendant la guerre de 1870-71, le 62ème faisait partie de l’armée du Rhin. Il fut à BORNY le 14 août, à GRAVELOTTE le 16 où il perdit 12 officiers et 130 soldats et au très dur combat de SAINT-PRIVAT le 18 août. Plus tard, le régiment reconstitué rejoint l’armée de la Loire et s’illustre au bataille DU MANS et de SAINT-JEAN sur ERVE.
Avant la première guerre mondiale, les derniers exploits du 62ème se déroulèrent en TUNISIE, où le régiment prit une part active aux opérations. Le 62ème regagna Lorient en 1883, ce repos d’une trentaine d’année jusque 1914 fut l’âge d’or du régiment. Le 62ème formait et entraînait les classes successives de jeunes bretons et participait pleinement à la vie lorientaise.
A la mobilisation de 1914, le 62ème R.I. fait partie du 11ème Corps d’Armée, 22ème Division, 43ème Brigade, sous les ordres du général PASBET. Il est commandé à Lorient par le Colonel COSTEBONNEL et est composé de Bretons et de Vendéens. Le régiment reçoit son baptême du feu fin août 1914 en BELGIQUE, plus de 60 prisonniers sont faits durant ce premier engagement.
Début septembre, durant la bataille de la Marne, le 62ème combat à FERE-CHAMPENOISE et, en octobre, barre à l’envahisseur la route d’Amiens. Commence ensuite la pénible guerre des tranchées, le régiment effectue différents coups de mains jusqu’au mois de juilet 1915 dans le secteur d’AVELLY-AUTHUILLE. En septembre, sous le commandement du colonel CHAPARD, il participe à la cruelle offensive de l’automne 1915 dans le secteur de MESNIL-LES HURLUS, TAHURE. Après quelques jours de repos, le régiment remonte en ligne dans le secteur de TAHURE, qu’il occupera jusqu’au 21 février 1916. La conduite exemplaire de ses hommes vaudra au régiment d’être cité une première fois à l’ordre de l’Armée.
Au printemps 1916, le 62ème se trouve dans l’enfer de VERDUN, le régiment occupe pendant 22 jours le secteur qui lui est assigné et le défend avec acharnement.
Au mois de novembre 1916, à la reprise du fort de VAUX, il est de ceux cités par Pétain dans son ordre du jour « courage, on les aura ».
En mai 1917, dans le secteur d’AILLES, le régiment subit encore des pertes très sévères, soit 40 officiers et 900 hommes.
En octobre 1917, il se trouve dans le secteur du CHEMIN DES DAMES. Pendant l’hiver 1917, il occupe successivement les secteurs de la MALMAISON, de la forêt de PINON et de l’AISNE. Le 62ème se voit décerner pour sa bravoure au feu le port de la fourragère aux couleurs du ruban de la croix de guerre. Fin mars 1918, le régiment est cité à l’ordre du corps de cavalerie pour son action sur la SOMME. Fin avril, le régiment reprend la route du CHEMIN DES DAMES. Le 27 mai, il subit de plein fouet l’attaque allemande. Le 28 mai, encerclé par l’ennemi, le drapeau du régiment tombe aux mains des assaillants. Il est héroïquement sauvé et ramené dans nos lignes par deux hommes du 62ème. Aux trois-quarts décimé, le régiment doit être reconstitué, il reprend ensuite le chemin du front le 14 juin. Il occupe le «VIEL-ARMAND », puis ensuite son ancien secteur de Champagne où il participe à la dernière grande offensive.
Le lendemain de l’armistice, le 12 novembre, le général GOURAUD, commandant la 3ème armée, le cite une fois de plus à l’ordre de l’Armée. Le 20 juillet 1919, le 62ème est de retour à Lorient, après avoir participé au défilé de la victoire à Paris derrière son glorieux drapeau cravaté de la croix de guerre et de la fourragère aux mêmes couleurs. Devant la population en liesse le Maire de Lorient reprend les paroles qu’il avait prononcées le 7 août 1914 : « Le soldat breton au cœur fort et généreux ne demeura pas inférieur à sa réputation ». Hélas le bilan de cette première guerre mondiale était très lourd, le régiment accusant 2416 morts ou disparus. Peu après le traité de Versailles, le régiment sera dissout.

Appellation adoptée par délibération du conseil municipal du 1er mars 1924.