Boulevard Eugène Cosmao-Dumanoir

Boulevard Eugène Cosmao-Dumanoir

Plaque du bd Cosmao Dumanoir

Boulevard situé dans le quartier de l'Eau Courante qui s'appelait auparavant rue du Cimetière jusqu'en novembre 1919. C'est un boulevard perpendiculaire au cours de Chazelles qui, jusqu'en 1943, aboutissait au cimetière de Kerentrech. Il n'y avait alors là que des prairies et une ferme entre la voie ferrée en direction de Quimper et celle qui allait au port de pêche. Elle se prolonge actuellement jusqu'à l'intersection de la rue Henri Dunant.

Eugène Cosmao-Dumanoir est né à Lorient, le 7 novembre 1867, de Léon, Armand Cosmao-Dumanoir, capitaine de vaisseau, chevalier de la Légion d’honneur et d’Amélie, Marie Cosmao-Dumanoir. Il épouse à La Flèche (Sarthe), le 6 février 1910, Agnès, Amélie Coquelin de l’Isle. Il entre à l’École navale en 1885 et est nommé aspirant le 5 octobre 1888. Après de nombreuses affectations à la mer qui le conduisent du croiseur Aréthuse au cuirassé Formidable puis à l’aviso-escorteur Scorff, il rejoint en 1897, l’escadre de la Méditerranée où il sert sur le cuirassé  Redoutable. Lieutenant de vaisseau, il embarque à Toulon sur le vaisseau-école des canonniers la Couronne et est affecté ensuite comme officier-canonnier sur le Charlemagne. En 1902, il est à Lorient et siège à la commission de Gâvres dans le Morbihan avant de reprendre la mer. En 1914, il est nommé capitaine de frégate et retrouve l’escadre de la Méditerranée sur le cuirassé Bouvet commandé par le capitaine de vaisseau Rageot de La Touche. Le 18 mars 1915, lors d’une « expédition » dans les Dardanelles afin de forcer la passe de Chanak puissamment défendue par les forces ottomanes, le cuirassé Bouvet heurte une mine dérivante et sombre en quelques minutes. La mort héroïque du capitaine de frégate Eugène Cosmao-Dumanoir provoque une intense émotion parmi la population.

Le 22 avril 1915, un service religieux est célébré en l’église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle de Kerentrech pour « le repos de l’âme du capitaine de frégate Cosmao-Dumanoir, second du Bouvet, et pour les victimes disparues avec lui dans les Dardanelles. » Le recteur de la paroisse, le chanoine Le Guéhennec, rend « un hommage éloquent à l’admirable mort des officiers et de l’équipage du Bouvet. Il loue le sacrifice du commandant Cosmao-Dumanoir et indique qu’à l’exemple de son père, qui, après avoir noblement servi la France dans la marine, voulu consacrer sa verte vieillesse au service de la paroisse et de l’Église, il fut un vrai chrétien et un vrai Français. » Il rappelle aux participants à cette cérémonie « qu’un navire porte le nom de sa famille et un de ses neveux, à peine au sortir de Saint-Cyr, est également tombé pour la France. Dieu veut de pures et nobles victimes. Associons dans notre âme ceux qu’a réunis la fraternité de la mort et prions le Dieu de la miséricorde de leur donner le repos éternel. » Le 19 novembre 1915, le conseil municipal de Lorient attribue le nom de Cosmao-Dumanoir à une rue de la ville en souvenir « de l’héroïque commandant en second du Bouvet. » Au cimetière de Kerentrech, une stèle placée devant la sépulture de la famille rappelle sa conduite glorieuse. Carré 39 - Tombe n° 45.

Il habitait « Le Verger » 6 rue François Jégou à Lorient. Son nom figure sur les plaquettes commémoratives de l’église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle de Kerentrech, du lycée de Lorient et sur le monument aux morts du carré militaire du cimetière de Carnel à Lorient.

Source : "Au coeur de la Grande guerre avec les Lorientais morts pour la France", Patrick Bollet

Appellation adoptée par délibérations du conseil municipal des 19 novembre 1919 et 9 juin 1956.