29 juin 1917 - 2 Morts pour la France

Collin Georges

© Mémoire des Hommes
© Mémoire des Hommes

1884-1917
Médecin de 2e classe 
Croiseur-cuirassé Kléber
Chevalier de la Légion d’honneur
Croix de guerre

« D’un dévouement sans bornes, s’est particulièrement distingué lors du naufrage du Kléber. Blessé mortellement au moment où le bateau coulait. »

Né à Vannes (Morbihan) le 24 août 1884, d’Alphonse, Georges, Léon Collin, négociant et de Marie, Antoinette, Émilie, Berthe Colin. Recrutement de Lorient. Matricule 952. Classe 1904[1]. Il entre le 23 octobre 1908 à l’École principale du service de santé à Bordeaux et après diverses affectations, il rejoint le croiseur-cuirassé Kléber[2] qui heurte le 27 juin 1917 une mine dérivante larguée par le sous-marin allemand UC-61 au large des Pierres-Noires devant Brest dans le Finistère. À la suite de l’explosion, un incendie se déclare et gagne rapidement la soute à charbon alors que l’eau envahit le navire. Ne pouvant échouer le bâtiment sur la côte voisine, le commandant donne l’ordre de l’abandonner. Malgré la promptitude des secours 38 hommes sur les 568 hommes d’équipage périssent dans ce naufrage dont le médecin Georges Collin resté jusqu’au dernier moment à bord afin de prodiguer des soins aux nombreux blessés. Il décède le 29 juin 1917 à l’hôpital de Brest de ses nombreuses blessures contractées lors du naufrage du Kléber à l’âge de 32 ans. Le Nouvelliste du Morbihan relate la fin glorieuse de Georges Collin : « Quoique grièvement blessé par suite de l’explosion du croiseur-cuirassé, il n’en avait pas moins continué à prodiguer jusqu’au dernier moment ses soins les plus dévoués aux nombreuses victimes qui gisaient sur le pont. Ce ne fut qu’au dernier moment, alors que cette unité navale allait l’engloutir pour jamais, qu’il consentit à se laisser embarquer. » Une citation particulièrement glorieuse évoque son abnégation : « A collaboré activement à l’embarquement des malades. A reçu et porté dans ses bras un blessé atteint d’une fracture de la jambe droite, l’a pansé et fait placer sur un cadre dans la chaloupe. N’a quitté l’infirmerie qu’après l’embarquement de tous les malades. Mort des suites de blessures dues à l’explosion pendant le chavirement du bateau.» Ses obsèques sont célébrées en l’église Saint-Louis, le lundi 2 juillet 1917. Lors de ses funérailles, le chanoine Jaffré, curé-archiprêtre de Lorient et ancien supérieur de l’institution Saint-Louis rappelle la carrière du jeune officier et évoque « l’élève modèle, appliqué, plein de droiture et d’énergie et qui s’annonçait déjà comme destiné au plus bel avenir ». Devant sa tombe au cimetière de Carnel, le docteur Bellot, chef du Service de santé militaire lorientais et ami du disparu souligne les éminentes qualités de son collègue et rappelle : « J’ai connu Collin tout au début de sa carrière maritime et j’ai apprécié comme tous, ses qualités intellectuelles, son esprit de mesure, son énergique compréhension du devoir militaire et de toutes les disciplines. Les anciens qui ont été nos guides à notre propre entrée dans le corps, ceux qui sont morts pour le devoir et pour leurs malades, ceux que le choléra de Crimée, la fièvre jaune des Antilles, du Sénégal ou de la Guyane, les balles du Tonkin ou de 1870 ont jetés au tombeau, tous ceux-là le reconnaîtront pour un des leurs et lui feront place au milieu d’eux. » Il est inhumé au cimetière de Carnel. Carré 31 - Tombe n° 124. Une stèle sur la sépulture de la famille rappelle sa mort héroïque :

Docteur Georges COLLIN
Médecin de la Marine
à bord du Kléber
(Mort pour la France)
en Héros et Martyr
le 29 Juin 1917
à l’âge de 32 ans
Décoré de la Croix de Guerre
et de la Légion d’Honneur

Il habitait 79, rue de l’Hôpital à Lorient. Son nom figure sur les plaquettes commémoratives de l’église Saint-Louis et sur celle de l’institution Saint-Louis à Lorient.


[1] Il figure sur les listes de 1905.

[2] Il est construit aux ateliers de la Gironde à Bordeaux et mis en service le 20 septembre 1902. Il mesure 130 mètres de long et 17 m 75 de large. Sa vitesse est de 21 nœuds. Son armement se compose de 8 canons de 164 m/m accouplés en tourelle ; de 4 canons de 100 m/m ; 10 de 47 m/m et de tubes aériens.

Le Méec Ernest-Louis

© Mémoire des Hommes
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Cavalier de 2e classe
24e Régiment de dragons
1898-1917

« Cavalier d’un dévouement et d’un courage absolus dont il a donné maintes preuves. Tué glorieusement au cours d’un combat à la grenade, engagé contre un ennemi supérieur en nombre qui tentait d’aborder nos lignes, précédé de lance-flammes. » Citation du 18 août 1917.

Né à Lorient, le 14 décembre 1898, de Pierre, Marie Le Méec, chaudronnier au port et de Marie, Louise Guillemot, repasseuse. Recrutement de Lorient. Matricule 3503/71. Classe 1917/1918. Le 5 mai 1916, il s’engage à Lorient pour la durée de la guerre au 24e régiment de dragons. Le 29 juin 1917, les dragons déplorent la perte de dix soldats tombés glorieusement au champ d’honneur dont le jeune Ernest Le Méec tué à l’ennemi à l’âge de 18 ans à la cote 304 dans la Meuse. Leur bravoure permet au régiment d’épingler au fanion de leur escadron la Croix de Guerre avec palme : « Le 5e Bataillon du 536e, la 15e Compagnie du 346e, et le détachement à pied du 1er escadron du 24e Dragons, sous les ordres du chef de Bataillon Vesque, ont subi le 29 juin, après de très violents bombardements, une attaque allemande fortement montée, accompagnée de lance-flammes. Bien que privés de toutes communications avec l’arrière par des barrages infranchissables, ont su, grâce à leur courage, résister pendant plusieurs heures, rétablir la situation et finalement chasser l’ennemi de nos lignes valides en lui infligeant des pertes sévères.[1] » Le soldat Le Méec est inhumé à la nécropole nationale Le Bois de Bethelainville à Dombasle-en-Argonne dans la Meuse. Carré des Dragons. Tombe n° 5. Il habitait 65 rue de la Comédie à Lorient. Son nom figure sur les plaquettes commémoratives de l’église Saint-Louis à Lorient et sur le monument dédié au 24e Dragons à Dombasle-en-Argonne.


[1] Historique du 24e Régiment de dragons.