12 février 1917 - 1 Mort pour la France

Lehagre Henri-Charles-Albert

© Mémoire des Hommes
© Mémoire des Hommes

Lieutenant-colonel
Officier de la Légion d’honneur
Croix de guerre avec deux palmes
Commandeur de l’ordre du Ouissam El Alaouite
Médaille coloniale (Tonkin - A.O.F.)
Chevalier de l’ordre de Sainte-Anne de Russie
53e Régiment d’infanterie coloniale
1867-1917

« Chef de corps de haute valeur et profondément aimé qui avait su faire passer dans son régiment le souffle chaud de son grand cœur. Tué d‘une balle au cœur le 12 février 1917, en se portant à 60 mètres de l’ennemi pour vérifier les effets d’un bombardement auquel ses hommes venaient d’être soumis. »

Né à Lorient, le 29 août 1867, d’Ernest, Marie, Jacques Lehagre, négociant et de Marie, Anne, Élise Bardon. Il épouse à Nantes (Loire-Inférieure), le 9 juillet 1900, Gabrielle, Charlotte Housset. Recrutement de Lorient. Matricule 37/477. Classe 1887. Le 23 septembre 1885, il s’engage au 3e régiment d’infanterie de marine et entre à l’École militaire d’infanterie, le 21 avril 1890. L’année suivante, il est affecté comme sous-lieutenant au 5e régiment d’infanterie de marine et commence une carrière d’officier colonial. Il se signale en 1894 en Indochine « pour sa bravoure et son énergie » et fait campagne en Nouvelle-Calédonie et au Tonkin. Capitaine, il retrouve sa ville natale en 1902 comme officier d’ordonnance du Préfet maritime de Lorient, le vice-amiral Bienaimé (1843-1930). Lors de la déclaration de guerre, il sert au Maroc et fait campagne dans des conditions particulièrement difficiles. Lieutenant-colonel, il rentre en France à la fin de 1916 et prend le commandement du 53e régiment d’infanterie coloniale. En février 1917, le 53e est dans le secteur de Moulins dans l’Aisne et « Le 12 février, à 10 heures 15, le lieutenant-colonel Le Hagre observait les tranchées ennemies après s’être rendu au point de nos lignes où, la veille, les effets d’un bombardement allemand s’étaient fait particulièrement sentir. Le général Marchand, commandant la division, le rejoignait. Le groupe était aperçu des sentinelles allemandes qui se trouvaient à une cinquantaine de mètres de nos lignes et ouvraient le feu. À la deuxième décharge, le lieutenant-colonel Le Hagre tombait, frappé d’une balle en plein cœur1 » aux tranchées de Vendresse (Aisne), le 12 février 1917 à l’âge de 49 ans. Il est inhumé à la nécropole nationale de Loupeigne dans l’Aisne. Tombe n° 225. Son nom figure sur les plaquettes commémoratives de l’église Saint-Louis et du lycée de Lorient. Il est également inscrit sur le mur de la chapelle de Loupeigne. Quelques semaines avant sa mort au champ d’honneur, il écrivait à son ami Léo Le Bourgo2, professeur au lycée de Lorient 3 : « Mes poilus sont de braves gens, pour la plupart inscrits maritimes Bretons ou Vendéens, quelques méridionaux ; avec eux je suis prêt à toutes les besognes pourvu que ce soit contre les Boches. J’éprouve de belles satisfactions, je t’assure, à commander de tels hommes. Il suffit de gagner leur cœur pour les conduire partout. C’est à cela que j’emploie tous mes efforts. La guerre n’est pas finie. Quand finira-t-elle ? Peu importe ! Les survivants la feront avec la même ardeur.

1 Historique du 53e Régiment d’infanterie coloniale.

2 Inhumé au cimetière de Carnel. Carré 22 -Tombe n° 2.

3 Le Nouvelliste du Morbihan. Le samedi 24 février 1917.