22 septembre 1916 - 2 Morts pour la France

Macquart Fernand-Hippolyte

© Mémoire des Hommes
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Capitaine
310e Régiment d’infanterie
1er Groupe d’aviation
1885-1916

Né à Marchiennes (Nord), le 15 août 1885, de Louis, Joseph Macquart, commis principal des contributions indirectes et d’Élisa, Julie Delfieux. Il épouse à Lille (Nord), le 12 février 1913, Marthe Danjou. Recrutement de Saint-Quentin. Matricule 42/351. Classe 1905. À la mobilisation, l’avocat du barreau de Lille, maître Fernand Macquart rejoint son affectation avec le grade de lieutenant. Très vite, il se distingue sur le champ de bataille à Dinant (Belgique), Arras et Verdun avec son compagnon de combat Roger Salengro[1] dont il assure la défense en 1916. Sa bravoure au feu est récompensée par le grade de capitaine et par une citation : « Officier d’une bravoure à toute épreuve, a su mériter l’admiration de tous pendant les combats du 6 octobre. A entraîné sa compagnie à l’assaut de nuit et a réussi à la faire entrer dans les tranchées ennemies. » Passionné par l’aviation, il intègre le 18 février 1916 l’école de pilotage militaire du Crotoy et se perfectionne sur Farman et Caudron à l’école militaire de Chartres en Eure-et-Loir.
Ensuite, il rejoint l’école d’Avord dans le Cher afin de se familiariser aux vols de nuit. Il se tue lors d’une reconnaissance aérienne de nuit à Farges-en-Septaine (Cher), le 22 septembre 1916 à l’âge de 31 ans. Sa disparition attriste profondément l’escadrille et lors de ses obsèques, le 25 septembre à Avord, le chef de pilotage, le capitaine Lévy rappelle « qu’il était aimé de tous ses hommes et avait sur eux une autorité morale incomparable. » Il remarque : « La loyauté de votre caractère, la sérénité de votre jugement, votre affabilité devaient vous attirer toutes les sympathies. On sentait en vous le soldat décidé à l’accomplissement intégral du devoir, et l’admiration de tous ceux qui avait le bonheur de vous fréquenter vous était acquise. » Il souligne les grandes qualités de « l’homme de cœur, d’un grand citoyen, d’un brave soldat. Il est tombé en service commandé, loin de l’ennemi qu’il voulait combattre, mais sur cet autre champ de bataille qu’est un aérodrome d’aviation ; il est mort pour la France, en apprenant pour elle à voler dans les ténèbres ; et lorsque la période de feu et de sang que nous traversons se sera estompés, que les générations à venir jouiront de l’existence paisible qu’il leur souhaitait, la postérité se souviendra du capitaine Macquart (…) Camarades, le capitaine Macquart est tombé. L’œuvre qu’il voulait entreprendre, d’autres l’accompliront. Point de défaillance. Travaillons, redoublons d’ardeur. Que chacun fasse tout son possible, accomplisse son devoir sans réserve. La victoire est à ce prix. Capitaine Macquart, nous vous vengerons, nous délivrerons votre sol natal envahi et votre famille prisonnière. Vous pouvez compter sur nous. Reposez en paix.[2] » Le Nouvelliste du Morbihan du 26 septembre 1916 annonce sa mort : « Un télégramme parvenu samedi à la mairie de Lorient annonce la mort héroïque du capitaine Macquart qui a été tué accidentellement au cours de la nuit du 22 au camp d’Avord dans le Cher. »


[1] Roger Salengro, socialiste et franc-maçon est accusé (à tort) de désertion face à l’ennemi en 1915. Il est défendu devant le conseil de guerre par son ami l’avocat Fernand Macquart. Roger Salengro est acquitté le 20 janvier 1916. Prisonnier de guerre, il retrouve Lille et en devient le maire en 1925. Député puis ministre de l’Intérieur du Front populaire avec Léon Blum en 1936, il fait face à une campagne haineuse de la presse d’extrême-droite à la suite de la loi sur la dissolution des ligues. Attaqué sur sa « désertion » supposée face à l’ennemi le 7 octobre 1915  et ne supportant plus les calomnies, il met fin à ses jours, le 17 novembre 1936. Il écrit dans sa dernière lettre : « S’ils n’ont pas réussi à me déshonorer, du moins porteront-ils la responsabilité de ma mort. »

[2] Archives départementales du Cher. Histoire de l’aéronautique dans le Cher.

Tisson Paul-Claude

© Mémoire des Hommes
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Soldat de 2e classe
Médaille militaire
Croix de guerre avec palme
1er Régiment d’artillerie coloniale  
1898-1916

« Bon canonnier, a toujours fait preuve de courage et de dévouement. Blessé le 27 juillet 1916 en ravitaillant sa batterie sous un violent bombardement. Citation du 7 août 1916.

Né à Keryado (Morbihan), le 5 décembre 1898, de Théodore, Onésime, Alexandre Tisson, employé de l’état et de Berthe, Marie, Louise Gély. Recrutement de Lorient. Matricule 260. Classe 1916/1918. Le 6 décembre 1915, il s’engage à Lorient pour la durée de la guerre au 1er régiment d’artillerie coloniale et décède de ses blessures de guerre à Marcelcave-les-Buttes (Somme), le 22 septembre 1916 à l’âge de 17 ans. Il habitait 15 rue du Moustoir à Lorient. Son nom figure sur les plaquettes commémoratives de l’église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle de Kerentrech.