7 octobre 1916 - 4 Morts pour la France

Kervarec Léon

© Mémoire des Hommes
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Capitaine
Chevalier de la Légion d’honneur
Croix de guerre
91e Régiment d’infanterie
1887-1916

« Officier d’une bravoure et d’un dévouement à toute épreuve. S’est prodigué sur le terrain pour placer sa compagnie dans les meilleures dispositions pour l’attaque. S’est élancé avec sa première vague, enlevant sa compagnie par son exemple. A été tue en arrivant sur la position. » Citation à l’ordre de la division du 27 octobre 1916.

Né à Lorient, le 10 septembre 1887, de Joseph, Léon Kervarec, ajusteur au port et de Céline, Marie Rocher, tailleuse. Cet instituteur épouse à Lorient, le 28 juillet 1909, Marie, Victoire Bigot. Recrutement de Lorient. Matricule 351/1588. Classe 1905/1907. Le 1er août 1914, il est mobilisé au 62e d’infanterie avant de passer au 91e régiment d’infanterie. Il est tué à l’ennemi au Bois de Saint-Pierre-Vaast (Somme), le 7 octobre 1916 à l’âge de 29 ans. Une messe est dite pour le repos de son âme en l’église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle de Kerentrech, le 29 novembre 1916. Sa dépouille mortelle est rapatriée du front, le jeudi 2 février 1922 à Vannes puis à Lorient. Ses obsèques sont célébrées en l’église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle de Kerentrech, le samedi 4 février 1922, suivies de l’inhumation au cimetière de Kerentrech à Lorient. Il habitait 78 rue du Guesclin à Lorient. Son nom figure sur les plaquettes commémoratives de l’église Sainte-Anne d’Arvor à Lorient et sur le livre d’or des instituteurs du Morbihan qui ont héroïquement servi la Patrie.

Largenton Émile

© Mémoire des Hommes
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Caporal
91e Régiment d’infanterie  
1896-1916

Né à Quimperlé (Finistère), le 2 mai 1896, d’Arthur, Emmanuel Largenton, commis-greffier du tribunal civil et de Marie, Antoinette Hamon. Recrutement de Brest. Matricule 15154/3119. Classe 1916. Il est tué à l’ennemi au Bois de Saint-Pierre-Vaast (Somme), le 7 octobre 1916 à l’âge de 20 ans. Il habitait 30 rue Berthelot à Lorient.

Le Clanche Louis-Désiré

© Mémoire des Hommes
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Caporal fourrier
72e Régiment d’infanterie  
1883-1916

Né à Lorient, le 19 juin 1883, de Joseph Le Clanche, peintre et de Marianne, Michelle Le Lan, tailleuse. Recrutement de Lorient. Matricule 015519 bis/827. Classe 1903. Il est tué à l’ennemi à Bouchavesnes (Somme), le 7 octobre 1916 à l’âge de 33 ans. Une messe est dite pour le repos de son âme en l’église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle de Kerentrech, le lundi 4 décembre 1916. Sa dépouille mortelle est rapatriée du front, le samedi 1er avril 1922 à Vannes puis à Lorient. Ses obsèques sont célébrées en l’église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle de Kerentrech, le 4 avril 1922, suivies de l’inhumation au cimetière de Kerentrech. Il habitait 98 rue de Brest à Lorient où il dirigeait l’entreprise de peinture fondée par son père. Son nom figure sur les plaquettes commémoratives de l’église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle de Kerentrech.

Le Roch Joseph-Marie

© Mémoire des Hommes
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Chasseur de 2e classe
Médaille militaire
Croix de guerre avec étoile de bronze
26e Bataillon de chasseurs à pied  
1896-1916

« Brave chasseur tué à son poste de combat le 7 octobre 1916. »

Né à Saint-Tugdual (Morbihan), le 8 août 1896, de François Le Roch, cordonnier et de Marie, Joseph Guilloux, ménagère. Recrutement de Lorient. Matricule 5532/670. Classe 1916. Le 9 avril 1915, il est incorporé au 26e bataillon de chasseurs. Lors de son incorporation à Vincennes, il écrit régulièrement à ses parents et à sa sœur Marie. Ses cartes postales à partir du 10 avril 1915 relatent le quotidien du soldat fait de marches « avec le sac chargé au complet » et d’exercices de tirs « sur des silhouettes mobiles » : le 10 avril 1915 « j’ai eu mes habits, exceptés la capote et le fusil, mais cette après-midi, j’irai voir si on donne » ; le 26 avril « on a du bon à manger, du bœuf avec de la sauce tomate, et deux fois de la viande par jour et de la soupe, donc il faut pas se faire de la bile pour moi » ; le 13 juillet « Je suis arrivé ce soir à deux heures et demie ; on a fait les 70 km qui nous séparaient de Maisse (Essonne) en 2 jours au lieu de 3 ; alors vous voyez bien qu’on a marché surtout aujourd’hui, et avec ça, il pleuvait averse et on est tout trempé et si on rentrait deux ou trois heures de plus, on aurait été trempé jusqu’aux os. Je sens la marque du sac sur le dos, je te garantis qu’il était lourd et il y a plus de cent qui n’ont pas pu suivre, surtout parmi les vieux » ; le 2 septembre «lundi, je n’ai pas été du tout à l’exercice, mais aujourd’hui, quelle suée ; on a fait du tirailleur pendant 2 km. On est habillé de neuf et en chasseur Alpin » ; le 9 septembre « nos habits de chasseurs Alpins sont rendus en magasin, mais avec notre nom dessus, comme çà le jour où je devrais partir, on les trouvera bien vite » ; le 2 février 1916, il écrit de Soisy-sous-Étiolles en Essonne : « Je suis toujours bien, nous sommes en route pour Cély (Seine-et-Marne). Je t’écris de la maison où je couche, car au lieu de coucher dans la paille, j’ai cherché un lit où je serai mieux couché. C’est ici qu’on s’est arrêté la première journée » ; le 19 mars 1916 « on est aussi bien nourri qu’à la maison, mais on couche dans la paille. Je vous assure que je n’ai pas froid, même avec une capote sur le dos. Je ne vois plus rien à vous dire pour le moment. Je termine en vous embrassant tous. » C’est la dernière lettre du soldat Le Roch qui part au front le 26 mars 1916. Sa famille reste sans nouvelles pendant de longs mois éprouvants et attend dans l’angoisse un signe de leur fils. Hélas, ils apprennent avec tristesse quelques mois plus tard qu’il est mort glorieusement à l’ennemi aux tranchées de la ferme du Bois-l’Abbé à Bouchavesne dans la Somme, le 7 octobre 1916 à l’âge de 20 ans.

Au moment de sa dernière lettre, son régiment est en première ligne et le soldat Le Roch connaît alors la vie éprouvante des tranchées rythmée par les duels d’artillerie et l’attaque par les gaz, sans oublier les durs et sanglants engagements pour gagner quelques mètres de terrain. À la fin du mois de juin 1916, le bataillon quitte définitivement la Champagne et est transporté le 15 juin « en camions à Villotte-devant-Louppy » avant de rejoindre « la Voie sacrée » et de gagner « à travers bois et champs » Haudainville. Les soldats quittent cette dernière cité lourdement chargés car ils emportent « pour cinq jours de vivres et pour ces cinq jours deux bidons par homme, de vin ou de café[1] » et arrivent après une marche difficile et sous une chaleur accablante à Verdun. Là, le 26e relève pendant cinq jours le 67e régiment d’infanterie et occupe les tranchées « trous d’obus à peine reliés entre eux» de cette troupe heureuse de fuir cet enfer de feu et de sang. Le secteur tenu par le bataillon s’étend du Ravin des Fontaines jusqu’aux carrières du Bois-Fumin, à proximité du Fort de Vaux. Il faut tenir dans un décor lunaire aux tranchées pleines de cadavres, malgré la soif qui devient vite insupportable et la mort qui rode et vous frappe à tout moment. Au bout de cinq jours le bilan est lourd : « 2 officiers tués, 15 chasseurs tués, 92 blessés, 28 disparus. » En juillet 1916, le bataillon est sur l’Aisne et gagne le 7 septembre 1916, le champ de bataille de la Somme. C’est de nouveau l’horreur au quotidien, la pluie et la boue compliquent le travail des chasseurs qui tentent de creuser des tranchées malgré le bombardement incessant et les mitrailleuses ennemies qui fauchent les hommes. Dans cette grisaille, une visite « exceptionnelle » touche les hommes. En effet, le 2 octobre 1916, le président de la République, Raymond Poincaré, le général Joffre et le général Roques, ministre de la Guerre passent en revue le bataillon dont «certains éléments viennent seulement de rentrer de Bouchavesnes, tous pataugent dans la boue, s’efforçant de se sécher, de remettre un peu d’ordre dans leurs effets, leurs armes ; on ne leur laisse pas cinq minutes pour se préparer et les compagnies arrivent tout juste à s’aligner, avec ou sans armes, en capote, en vareuse, en manches de chemises.» Dopé par la visite du chef de l’État, le régiment se lance le 7 septembre 1916 à l’attaque de la cote 131 et se fait « cueillir » par les mitrailleuses adverses qui couchent à jamais de nombreux soldats. Une nouvelle fois le bilan est lourd « 51 tués, 92 blessés et 15 disparus. » dont le brave chasseur Le Roch. À l’issue de ces deux journées de combat, le bataillon est cité à l’ordre de la brigade : « Devant attaquer des tranchées insuffisamment détruites, le 26e Bataillon de Chasseurs, sous le feu de mitrailleuses intactes, est sorti des tranchées avec un bel entrain et a donné un bel exemple de vigueur et de dévouement sous la conduite de son chef, le commandant Guizard. » Le chasseur de 2e classe Le Roch est inhumé à la nécropole nationale de Rancourt dans la Somme. Tombe n° 79. Il habitait le quartier de La Perrière à Lorient. Son nom figure sur les plaquettes commémoratives de l’église Sainte-Anne d’Arvor.


[1] Historique des 26e - 66e B.C.P 1914-1918.