17 mai 1916 - 3 Morts pour la France

Monguérard Louis-Joseph

© Mémoire des Hommes
© Mémoire des Hommes

Premier maître timonier
Chevalier de la Légion d’honneur
Médaille militaire
Croix de guerre
1er Régiment de fusiliers-marins
1875-1916

« Officier marinier de la plus haute valeur morale. Chef de section hors de pair. Venu sur ses vives instances au front, d’où sa spécialité, son âge et sa situation de famille semblaient l’éloigner, avait su s’y distinguer entre tous par ses hautes vertus morales et guerrières. Il inspirait une confiance absolue à ses hommes qui l’auraient suivi jusqu’au bout. Déjà médaillé militaire pour fait de guerre en Chine, puis décoré de la Légion d’honneur pour sa belle conduite au front, est tombé mortellement atteint le 17 mai, au moment où il venait de prendre les dispositions les plus judicieuses pour assurer la veille et la défense sous une violente concentration d’artillerie. »

Né à Lorient, le 5 juin 1875, d’Amable, Sever Monguérard, deuxième maître armurier militaire à la direction d’artillerie de la marine, décoré de la médaille militaire et de Marie Pétronno. Il épouse à Lorient, le 4 mars 1895, Marie, Louise Chauvel. Recrutement de Lorient. Matricule 649. Classe 1895. Il est tué à l’ennemi à Saint-Georges (Belgique), le 17 mai 1916 à l’âge de 40 ans. Sa mort « bouleverse » le régiment à tel point qu’immédiatement prévenu, le commandant du bataillon vient s’incliner « devant la dépouille mortelle de celui qui était depuis longtemps, le meilleur de mes sous-officiers. » Il est veillé toute la nuit par ses marins en pleurs et est inhumé au carré militaire du cimetière communal de Koksijde en Belgique. Tombe n° 45. Lors de ses obsèques, l’aumônier du régiment loue ses mérites : « Monguérard, ce modèle achevé de l’homme du devoir. Dur à lui-même, doux aux autres ; honoré de ses chefs, aimé de ses hommes, au point que, hier soir, dans les tranchées, quand on a rapporté son corps meurtri et ensanglanté, tous pleuraient. » Un officier qui, par ses fonctions, était à même d’apprécier la valeur de Monguérard écrit : «Je ne puis m’empêcher de vous dire combien je ressens la peine d’avoir perdu un collaborateur de sa valeur. Jamais encore je n’avais trouvé, réunies dans un même homme tant de hautes qualités. Monguérard était plus qu’un exemple pour ses hommes : c’était un apôtre. En lui les plus belles vertus avaient trouvé asile ; il en rayonnait, et rien que par sa présence il exerçait une très heureuse influence sur tous. Je ne vous parlerai pas de sa bravoure ; elle était légendaire. Plusieurs fois j’ai été obligé de lui refuser de risquer sa vie pour des attaques qui, à mon avis, n’en valaient pas la peine.1 » : Pressentant sa disparition, il rédige2 plusieurs mois avant sa mort ses dernières volontés : « Si j’ai le très grand honneur de tomber pour mon pays, je mourrai content. Si ce petit billet tombe entre des mains amies, prévenir ma chère femme et mes quatre enfants, que je suis mort en soldat, pour mon Pays, pour la France immortelle, pour la jeune génération. En un mot :
Nous devons vaincre, nous vaincrons !
Je serai mort en croyant en Dieu.
Haut les cœurs ! Pour Dieu ! Pour la Patrie ! »

Un service funèbre est célébré pour le repos de son âme en l’église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle de Kerentrech, le mardi 20 juin 1916. Il habitait 63, rue Edgard-Quinet à Lorient. Son nom figure sur les plaquettes commémoratives de l’église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle de Kerentrech.

Il est cité plusieurs fois à l’ordre de l’armée :

1e citation : «Chef de section excellent à tous égards. A donné des preuves répétées de bravoure et de sang-froid sous le bombardement, notamment le 1er novembre et le 30 décembre 1914.»

2e citation : «S’est toujours distingué à la brigade par son courage, son entrain et son sang-froid, donnant l’exemple à ses camarades par sa belle attitude au feu et sa solidité sous les plus violents bombardements, et se montrant dans les fonctions de son grade le précieux auxiliaire du commandement, soit devant l’ennemi, soit dans les cantonnements.»

3e citation : «S’est toujours distingué à la brigade par son entrain, son courage et son sang-froid. Belle attitude au feu. A été un précieux auxiliaire du commandement devant l’ennemi.»

1 Le Nouvelliste du Morbihan. Le 7 octobre 1916.
2 Il avait écrit ce billet le 1er août 1915 et le portait depuis cette date dans la poche de sa capote.

Olivro Jules-François-Joseph-Marie

© Mémoire des Hommes
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Maître fusilier
Médaille militaire
1er Régiment de fusiliers-marins
1878-1916

Excellent chef de section, très courageux et très aimé de ses hommes. Le 17 mai 1916, a fait preuve du plus grand sang-froid sous un violent bombardement au cours duquel il a été tué. »

Né à Béganne (Morbihan), le 9 mars 1878, de François, Marie Olivro, maçon et de Catherine Allain, cultivatrice. Il épouse à Lorient, le 5 avril 1904, Léontine, Adolphine Le Bigot. Recrutement de Vannes. Matricule 1535/469. Classe 1898. Il est tué à l’ennemi à Saint-Georges (Belgique), le 17 mai 1916 à l’âge de 38 ans. Il est inhumé au carré militaire du cimetière communal de Koksijde en Belgique. Tombe n° 46.  

Pogam Joseph-Marie

© Mémoire des Hommes
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Maître pointeur
2e Régiment d’artillerie coloniale
1897-1916

Né à Keryado, le 22 octobre 1897, de Pierre, Marie Pogam, forgeron et de Marie, Augustine Didu, ménagère. Recrutement de Lorient. Matricule 11978/801. Classe 1916/1917. Le 15 juillet 1915, il s’engage à Lorient pour la durée de la guerre au 2e régiment d’artillerie coloniale. Il décède de ses blessures de guerre aux Marquises à 3 kilomètres au nord de Wez (Marne), le 17 mai 1916 à l’âge de 18 ans. Son nom figure sur le monument aux morts de Keryado.