1er décembre 1916 - 2 Morts pour la France

Le Bruchec Louis

© Mémoire des Hommes
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Soldat de 2e classe
54e Régiment d’infanterie coloniale  
1880-1916
Armée d’Orient

Né à Hennebont (Morbihan), le 29 janvier 1880, de Julien Le Bruchec, décédé le 24 mai 1879 et de Marie Pochat, journalière. Recrutement de Lorient. Matricule 9688/2. Classe 1900. Il est tué à l’ennemi à Orakovo (Serbie), le 1er décembre 1916 à l’âge de 36 ans. Il serait inhumé au cimetière militaire de Bitola (Monastir) en Macédoine sous le nom de Le Bruchet. Tombe n° 4165. Il habitait 9 rue Saint-Antoine à Lorient. Son nom figure sur les plaquettes de l’église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle de Kerentrech.

Pruel François

© Mémoire des Hommes
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Matelot de 3e classe
Cuirassé République  
1892-1916

« Pruel, François, matelot sans spécialité 22106-3 coupé de sa compagnie, pour la rallier, s’est courageusement engagé sur une passerelle battue par une mitrailleuse. Tué sur la passerelle. » Citation à l’ordre du jour de l’armée du 20 décembre 1916.

Né à Groix (Morbihan), le 19 mars 1892, de Joseph Pruel, commerçant et de Marguerite Royant, ménagère. Il épouse à Lorient, le 5 février 1916, Mélanie, Marie, Josèphe Le Flécher. Matricule 474/221063. Classe 1912. Le 29 septembre 1909, il s’engage au 3e dépôt des équipages de la flotte à Lorient. Il navigue sur le croiseur Descartes (1912-1913) puis sur le cuirassé République. Il est tué à l’ennemi lors du guet-apens d’Athènes (Grèce), le 1er décembre 1916 à l’âge de 24 ans. Un service funèbre est célébré pour le repos de son âme en l’église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle de Kerentrech, le lundi 8 janvier 1917.

Depuis le début de la guerre de nombreuses tensions apparaissent entre les gouvernements de la Triple-Entente et de la Grèce. Au fil du temps, les relations s’enveniment et la France soupçonne le roi[1] d’entretenir des relations avec l’ennemi à la suite de la reddition sans condition du fort Rupel aux forces bulgares. Pourtant, à l’issue de négociations diplomatiques, le gouvernement grec accède aux demandes des alliés et souhaite leur remettre l’équivalent des armes remise aux troupes bulgares. Fort de l’accord obtenu la flotte franco-britannique commandée par l’amiral Louis Dartige du Fournet occupe en novembre 1916 la baie de Salamine afin de faire pression et de réaliser les clauses du contrat : la livraison de 135 canons, 150 mitrailleuses et 50 000 fusils. À cet effet, des ultimatums successifs sont envoyés au roi Constantin qui semble céder aux exigences de l’amiral français. Aussi, le 1er décembre 1916, les marins débarquent à Athènes sans méfiance afin de réquisitionner les armes. Ils sont alors mitraillés par l’armée grecque qui « massacre » 134 soldats dont 54 français. Les corps des 54 marins sont inhumés dans le carré français du cimetière catholique d’Anastasseos à Keratsini en Grèce où une stèle commémore leur souvenir. À la suite de cette humiliation, le vice-amiral Dartige du Fournet est relevé de ses fonctions et le blocus des côtes grecques est ordonné. En 1922, les corps sont rapatriés en France. François Pruel est alors inhumé au carré militaire du cimetière de Carnel. Carré 50 bis. Tombe n° 89. Il habitait 83 rue Louis Roche à Lorient. Son nom figure sur les plaquettes commémoratives de l’église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle de Kerentrech à Lorient et sur la stèle du cimetière d’Anastasseos en Grèce.


[1] Beau-frère de l’empereur Guillaume II