14 septembre 1914 - 4 Morts pour la France

Andasse Henri-Camille

© Mémoire des Hommes
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Soldat de 2e classe
62e Régiment d’infanterie
1885-1914

Né à Provins (Seine-et-Marne), le 19 juin 1885, d’Eugène, Marie Andasse, ferblantier et de Joséphine Dupont, manouvrière. Recrutement de Lorient. Matricule 438/898. Classe 1905. Il décède de maladie contractée en service à l’hôpital civil de Montereau (Seine-et-Marne), le 14 septembre 1914 à l’âge de 29 ans. Il est inhumé au carré militaire du cimetière communal de Montereau-Fault-Yonne en Seine-et-Marne. Rang 1 - Tombe 86. Il habitait 18 rue Saint-Pierre à Lorient. Son nom figure sur les plaquettes commémoratives de l’église Saint-Louis.

Busson Lucien

© Mémoire des Hommes
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Capitaine
Croix de guerre avec étoile d’argent
5e Régiment d’infanterie
1880-1914

Né à Lorient, le 6 janvier 1880, de Joseph Busson, ajusteur au port et de Joséphine Le Mestre. Recrutement de Lorient. Matricule 701. Classe 1900. Après sa scolarité à Lorient, il intègre l’École Sainte Geneviève à Paris et prépare le concours d’entrée à Saint-Cyr. Contrairement à son frère aîné Joseph, il échoue et décide malgré tout de s’engager dans l’armée. Soldat, il fait ses classes à Cherbourg et gravit les échelons de sous-officier avant d’entrer à l’École militaire d’infanterie de Saint-Maixent, promotion « de Brazza » 1905-1906. Sous-lieutenant, il est affecté au 5e régiment d’infanterie de Falaise dans le Calvados. Dans cette paisible commune, il fait la connaissance de Josèphe, Cécile, Marie Cosnard qu’il épouse le 3 mai 1909. L’année suivante, la naissance de Michelle comble les heureux parents qui profitent des permissions de Lucien pour passer des vacances en famille à Larmor-Plage dans le Morbihan. Ce petit village ramassé autour de son vieux sanctuaire du XIVe et XVIe siècle est pour Lucien une « halte » indispensable dans l’année et il est surtout heureux de faire découvrir à sa jeune femme les rivages de son enfance. Il se distingue particulièrement le 9 juillet 1910 en se jetant « tout habillé à la mer pour sauver une jeune fille en danger de se noyer sur la plage de Larmor. » Il profite intensément de ces moments de joie en famille car il sait que le temps lui est compté. Depuis quelques années les grandes puissances renforcent leurs armées et le conflit semble inéluctable. Aussi, le déclenchement des hostilités ne le surprend pas et il s’apprête à faire son devoir.

Le 1er août 1914 dans un courrier à son épouse, il écrit : « Avant que je parte, je te ferai mes recommandations, ce seront probablement les dernières, car la consommation en officiers sera certainement effroyable. » Le lieutenant Busson, chef d’une section de mitrailleuses arrive avec son régiment le 7 août à la gare d’Amagne-Lucquy dans les Ardennes. La troupe gagne lentement Charleroi et le 22 août la plus grande partie des hommes reçoit le baptême du feu devant « un adversaire nettement supérieur en matériel et en nombre. » Lors de ces premiers échanges, « Busson avait installé sa section de mitrailleuses à l’extrémité d’un sentier à la lisière d’un petit bois. Comme toujours il sut fort bien retrancher sa section et fournit un précieux secours à mon pauvre bataillon qui perdit ce jour-là la moitié des officiers et 325 hommes. » Après une défense énergique, le régiment bat en retraite talonné par l’ennemi sous une chaleur accablante. Les soldats « marchent jour et nuit, sans repos ni nourriture. Busson supportait toutes les fatigues avec sa belle humeur habituelle. » C’est alors qu’il perd sa section, part à sa recherche, la retrouve, et réussit à repasser les lignes pour rejoindre son régiment trois jours plus tard !
Le 27 août, Joffre ordonne au général Lanrezac, commandant de la Ve armée de contre-attaquer. Deux jours plus tard, l’offensive française surprend les Allemands qui perdent de nombreux soldats fauchés par l’artillerie du général Franchet d’Esperey qui apparaît comme le grand vainqueur de la bataille de Guise à tel point qu’il remplace le général Lanrezac. Désormais, l’offensive générale se profile et le 6 septembre 1914, l’ordre du jour du général Joffre dope les énergies : « Au moment où s’engage une bataille dont dépend le sort du pays, il importe de rappeler à tous que le moment n’est plus de regarder en arrière ; tous les efforts doivent être employés à attaquer et refouler l’ennemi. » Ce dernier bousculé par la détermination et le courage de l’adversaire bat en retraite et se rétablit sur l’Aisne. Pendant ce temps, le régiment de Lucien poursuit sa progression en direction de Villouette et de Cauroy-lès-Hermonville où il arrive le 13 septembre. Le Lieutenant Busson est satisfait malgré la fatigue car « les mitrailleuses et ses chevaux étaient en excellent état.»

La ferme du Godat
Arrivé à la ferme du Godat (située entre Cormicy et Loivre) le régiment est confronté au bombardement incessant. Les premiers jours, les soldats chargent l’ennemi à la baïonnette mais ce dernier bien campé sur ses positions et à l’abri derrière ses mitrailleuses ne se laisse plus déborder. L’ordre du général Pétain est formel : « Il faut tenir le Godat coûte que coûte ». Le colonel Doury commandant le régiment répond : « C’est bien, on résistera, et maintenant, pour mot d’ordre : le sourire. » C’est la dernière « bravade » du colonel car le 14 septembre 1914, il est tué et, par le même obus, le lieutenant Busson est atteint grièvement à la tête et décède quelques heures plus tard à l’ambulance d’Hermonville (Marne), à l’âge de 34 ans.
Lorsqu’il apprend la blessure de son ami, le commandant Poupard accoure au poste de secours « je ne pus que lui serrer la main, faire un bout de prières. Busson ne me reconnut pas, mais je ne puis savoir si ce pauvre ami vivait encore. Le médecin ne le croyait pas. Je me rappelais alors qu’il avait sur lui des lettres de vous (son épouse) et un petit paroissien auquel il tenait beaucoup et qui venait de votre mère. Je regardais dans son portefeuille et ne trouvais qu’une lettre qui vous était destinée et le petit livre de messe. Je le mis dans son étui à jumelles, avec son porte carte, son étui de révolver. » Il est nommé capitaine à titre posthume et est inhumé à la nécropole nationale La Maison Bleue à Cormicy dans la Marne. Tombe n° 4563. Son nom figure sur les plaquettes commémoratives de l’église Saint-Louis à Lorient et sur le livre d’or du lycée Sainte-Geneviève à Versailles dans les Yvelines. Le jeudi 9 février 2012, le conseil municipal de Lorient attribue le nom des « Trois frères Busson » à une rue de la ville. Après Lucien, Louis, directeur de l’usine à gaz de Sedan, est fusillé par l’ennemi le 13 juillet 1916 et Joseph, commandant le 3e bataillon d’Afrique, est tué à l’ennemi  le 1er mars 1918 dans la Marne.

Le Poullain René-Joseph

© Mémoire des Hommes
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2e Canonnier servant
28e Régiment d’artillerie
1893-1914

Né à Lorient, le 4 décembre 1893, de Joseph, Marie Le Poullain, forgeron au port et de Jeanne, Marie Le Gouay, tailleuse. Recrutement de Lorient. Matricule 4798/3040. Classe 1913. Il est tué à l’ennemi à Jonchery-sur-Suippes (Marne), le 14 septembre 1914 à l’âge de 20 ans. Dans un courrier adressé à un parent proche de la famille, un camarade de régiment du soldat Le Poullain écrit : « Vous pourrez lui dire (sa mère) que son fils est mort en brave et n’a pas souffert. Il est enterré au camp de Châlons, au coin d’un bois, à gauche, près de Jonchery (Marne), sur la route de Châlons à Reims (…) une croix faite avec du sapin marque l’emplacement des morts. Les noms y sont inscrits.» Un service funèbre est célébré pour le repos de son âme en l’église Saint-Louis, le samedi 10 octobre 1914. Il habitait 27 rue du Lycée à Lorient.

Olivier Joseph-Ferdinand

© Mémoire des Hommes
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Soldat de 2e classe
262e Régiment d’infanterie
1886-1914

Né à Keryado (Morbihan), le 26 mars 1886, de Jean-François Olivier, manœuvre et de Eudoxie Burtel. Il épouse à Lorient, le 9 juillet 1910 Jeanne, Julie Le Neurès. Recrutement de Lorient. Matricule 897. Classe 1906. Ouvrier aux établissements maritimes du port de Lorient, il est mobilisé le 5 septembre 1914 au 262e régiment d’infanterie.  Il décède de ses blessures de guerre à l’hôpital militaire de Vernon (Eure), le 14 septembre 1914 à l’âge de 28 ans. Il habitait le quartier de Kergroise à Lorient. Son nom figure sur les plaquettes commémoratives de l’église Sainte-Anne d’Arvor.