19 octobre 1914 - 5 Morts pour la France

Coquelet Joseph-Alphonse

© Mémoire des Hommes
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Soldat de 2e classe
148e Régiment d’infanterie
1883-1914

Né à Saint-Amand-Les-Eaux (Nord), le 24 mars 1883, d’Alphonse, Joseph Coquelet, cultivateur et de Louise, Henriette Fontaine. Il épouse à Valenciennes (Nord), le 8 février 1908 Marie, Adolphine Tordenv. Recrutement de Valenciennes. Matricule 012901/2181 Classe 1903. Il décède de ses blessures de guerre à Roucy (Aisne), le 19 octobre 1914 à l’âge de 31 ans. Il est inhumé à l’ossuaire de la nécropole nationale Beaurepaire à Pontavert dans l’Aisne. Il habitait 14 rue Claire Droneau à Lorient.

de Maussion de Candé Pierre-Marie-Thomas

© Mémoire des Hommes
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Lieutenant de vaisseau
Chevalier de la Légion d’honneur
2e Régiment de fusiliers-marins
1878-1914

Né à Paris 5e (Seine), le 22 octobre 1878, de Charles, Marie, Léonce de Maussion de Candé, ancien magistrat et de Marie, Émilie de Lorgeril. Il épouse à Pau (Pyrénées-Atlantiques), le 5 février 1910, Marguerite, Marie, Joséphine, Blanche, Sophie, Léonie d’Horrer. Il entre à l’École navale en 1896 et est nommé aspirant le 5 octobre 1899. Après de nombreuses affectations à la mer notamment sur le cuirassé Formidable, le croiseur Guichen et Alger, puis le transport Loiret, il est nommé le 1er janvier 1912, officier de tir à l’École des fusiliers marins à Lorient. Il s’installe dans cette ville avec sa famille, 8 rue amiral Courbet et poursuit sa carrière à bord du Calédonien, ponton caserne des apprentis fusiliers. À la mobilisation, il rejoint la brigade du contre-amiral Ronarc’h et est affecté au 2e régiment de fusiliers-marins. Il est tué à l’ennemi à Dixmude (Belgique), le 19 octobre 1914 à l’âge de 35 ans. Chargés de la défense de Dixmude, les fusiliers marins attendent de pied ferme l’infanterie ennemie. Le 19 octobre 1914, les troupes allemandes se jettent «à Leke, à Keyen et à Beerst, sur la mince ligne belge, qui chancelait sous le choc.» Devant la gravité de la situation et l’extrême fragilité de la défense belge, Ronarc’h dépêche le 1er et le 2e bataillon du 2e régiment, afin de leur porter secours. Le lieutenant de vaisseau de Maussion de Candé, commandant de la 5e compagnie : «Reçoit l’ordre de se porter sur Beerst. Aux approches du village, il est accueilli par une salve de mitraille ; les Allemands sont retranchés dans les maisons et l’église, d’où ils dirigent un feu nourri sur nos troupes. L’attaque de la position est rendue singulièrement difficile par la nature du terrain, complètement plat et sans autre abri que les fossés d’irrigation et quelques haies dépouillées ; on ne peut s’en approcher qu’en rampant (…) Toute tête qui émerge est une cible ; de Maussion, qui s’est mis debout, pour inspecter la position ennemie, tombe foudroyé» dans le secteur de la ferme de Beerst à Dixmude. Il est inhumé à la nécropole nationale de Dunkerque dans le Nord. Tombe n° 646. Son nom figure sur le livre paroissial de l’église Sainte-Brigitte à Merville.

Labrousse Alphonse-Louis

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Matelot de 2e classe mécanicien
Médaille militaire
Croix de guerre avec étoile de bronze
2e Régiment de fusiliers-marins
Disparu au combat
1887-1914

Né à Lorient, le 29 octobre 1887, d’Alphonse, Jean, Adolphe Labrousse, deuxième maître armurier et d’Amélie, Marie Burguin. Recrutement de Lorient. Matricule 1310/21123. Classe 1907. Il disparaît au combat à Dixmude (Belgique), le 19 octobre 1914 à l’âge de 26 ans. Il habitait 4 rue de la Patrie à Lorient.

Le Hétet Ferdinand-Louis-Marie

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Soldat de 1e classe
Croix de guerre avec étoile de bronze
41e Régiment d’infanterie
1888-1914

Né à Lorient, le 17 octobre 1888, de François, Marie Le Hétet et de Françoise, Jeanne, Marie Gourdin. Recrutement de Lorient. Matricule 03301/1422. Classe 1908. Il épouse à Rennes (Ille-et-Vilaine), le 25 octobre 1911 Reine, Marie, Josèphe Lecompte. Il est tué héroïquement à l’ennemi à Roulers (Belgique), le 19 octobre 1914 à l’âge de 26 ans. Il habitait 36 rue Carnot à Lorient.

À la mobilisation, le soldat Le Hétet rejoint la caserne Saint-Georges à Rennes en Ille-et-Vilaine. Affecté au 41e régiment d’infanterie essentiellement composé de soldats bretons, il part confiant à la rencontre de l’ennemi. Les troupes françaises franchissent le 17 août 1914 «à marche forcée» la frontière en direction de Namur en Belgique. Quelques jours plus tard, c’est le baptême du feu pour la plupart des hommes lors des combats d’Ham-sur-Sambre (21 août) et de Charleroi (21-22 août). Malgré une résistance acharnée, la IIe armée du général allemand von Bülow s’empare de cette dernière ville. Devant la chute de Charleroi puis de Namur et les difficultés éprouvées par le corps expéditionnaire britannique à Mons, le général Lanrezac ordonne la retraite. Les troupes se retirent «en bon ordre» tout en infligeant le 29 août 1914, des pertes sévères à l’adversaire lors des durs et meurtriers affrontements à Guise dans l’Aisne. La semaine suivante, le 41e se distingue particulièrement lors de la bataille de la Marne et emploie toute son énergie «à attaquer et à refouler l’ennemi» contraint de battre à son tour en retraite. Les soldats n’ont pas le temps de savourer le message de félicitations du généralisme Joffre : «Tous, officiers, sous-officiers, soldats, avez répondu à mon appel. Tous avez bien mérité de la patrie» car ils poursuivent l’offensive à Craonne (17 septembre) puis à Heurtebise (18 au 22 septembre). En octobre, le régiment est transporté en camions à Neuville-Vitasse (3 octobre) dans le Pas-de-Calais. Là, pendant une semaine, le 41e se bat furieusement et charge l’ennemi à la baïonnette. «Durant ces six jours de lutte ininterrompue, le 41e a perdu 2 000 hommes environ ; il ne lui reste que 15 officiers. On peut dire qu’il s’est sacrifié, mais cela n’a pas été en vain. La poussée sur Arras est définitivement enrayée.» Le 8 octobre, le régiment est relevé et cité à l’ordre de l’armée : «S’est comporté très brillamment depuis le début de la campagne, notamment aux combats de Craonne et de Neuville-Vitasse où il a perdu les deux tiers de son effectif et la plus grande partie de ses officiers.» Ferdinand Le Hétet fait partie des rescapés de ces premières semaines de guerre et mérite de prendre un peu de repos en attendant les prochains engagements. Il n’attend pas très longtemps car un nouveau détachement composé de nouvelles recrues et des survivants des combats précédents, livre bataille à Vermelles dans le Pas-de-Calais puis à Staden et Roulers en Belgique. «Cette dernière ville importante des Flandres allait être envahie. Déjà les faubourgs de Roulers brûlaient. La retraite était soutenue par un peloton de soldats français qui allaient être accaparés sous le nombre. Le commandant demanda à ses hommes lequel d’entre eux voulait sacrifier sa vie pour couvrir la retraite de ses camarades. C’est alors que Ferdinand Le Hétet, jeune marié et père d’un bébé de douze mois s’avança simplement. C’était la mort certaine, son chef le lui dit, mais il ne broncha pas. Ému par tant de grandeur, le commandant du détachement l’embrassa les larmes aux yeux, puis il s’éloigna avec ses hommes qui pleuraient» laissant le brave Le Hétet arrêter les avant-gardes ennemies.

Une fin héroïque
Seul et embusqué derrière le tronc massif d’un imposant noyer, le soldat de 1e classe Le Hétet, résiste et retarde la progression allemande. Il tient des heures durant avant de tomber la gorge transpercée par une balle et «la soldatesque, ivre de rage le cribla de coups de baïonnettes» afin de l’achever. Trois jours après la fusillade, le corps du soldat Le Hétet, déchiqueté par d’innombrables coups de baïonnettes gisait toujours au pied du noyer. Les riverains avaient demandé aux Allemands l’autorisation de l’enterrer. Ceux-ci rétorquèrent que tout cela était superflu : «Les corbeaux n’ont qu’à le bouffer!» Malgré l’interdiction, quelques habitants ramassent, enveloppent et inhument le corps dans les plis d’un drapeau belge. En 1917, la population qui n’oublie pas le brave soldat décide d’honorer sa mémoire par une célébration religieuse. Afin de déjouer l’occupant, un service funèbre est annoncé avec discrétion pour un défunt de la paroisse, mort pour la patrie. Dans ces conditions, les autorités communales et les habitants assistent, sans craindre les représailles, à la cérémonie à l’intention de Ferdinand Le Hétet en l’église communale Saint-Amand à Roulers.

Un monument commémoratif
La guerre finie, la commune de Roulers élève, en témoignage d’admiration, un monument au soldat Le Hétet «dont le souvenir vivra éternellement parmi nous.» Le 19 octobre 1920, en présence de son épouse, de son fils, de sa mère et de son frère, il est inhumé dans un imposant mausolée au carré militaire du cimetière municipal de Roeselare en Belgique. Lors de cette inauguration, le président du comité salue : «ce soldat sublime qui le 19 octobre 1914, lors de l’entrée des hordes allemandes en notre ville, donna volontairement sa vie pour sauver celle de ses compagnons d’armes. » À son tour, la ville de Lorient décide de perpétuer sa mémoire en donnant son nom à une rue de la cité. À cet effet, lors du conseil municipal du 1er février 1921, le maire Édouard Labes prononce l’éloge du valeureux soldat : «Le Hétet, originaire de Lorient, dont la mère habite encore notre ville, rue Carnot, 36, est un glorieux héros de la guerre. Soldat au 41e régiment d’infanterie, il s’est volontairement sacrifié le 17 octobre 1914 à Roulers, revendiquant l’honneur de rester seul pour couvrir la retraite de ses camarades. Après avoir résisté héroïquement il succomba sous le nombre et fut achevé par les Allemands. La ville de Roulers ayant élevé un monument à ce soldat français, Lorient, sa petite patrie d’origine, doit avoir à l’honneur de perpétuer sa mémoire. »

Pothier Mathurin-Joseph-Marie

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Quartier-maître de mousqueterie
Médaille militaire
Croix de guerre avec étoile de bronze
2e Régiment de fusiliers-marins
1885-1914

Né à Quimperlé (Finistère), le 1er novembre 1885, de François Pothier et de Marie, Anne Guinic. Époux de Marie, Eugénie, Louise Bidan. Matricule 9748. Classe 1905. Il est grièvement blessé à Beerst et décède de ses blessures de guerre à l’hôpital Saint-Jean à Dixmude (Belgique), le 19 octobre 1914 à l’âge de 28 ans. Un service funèbre est célébré pour le repos de son âme en l’église Notre-Dame-de-Bonne-nouvelle de Kerentrech, le vendredi 11 décembre 1914. Il habitait 37 rue Jules Simon à Lorient. Son nom figure sur les plaquettes commémoratives de l’église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle de Kerentrech à Lorient et sur le monument aux morts de Quimperlé.