Rabot Eugène-Louis-Joseph

© Mémoire des Hommes
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Capitaine de frégate
Officier de la Légion d’honneur
1er Régiment de fusiliers-marins
1868-1914
Disparu au combat

Né à Quimper (Finistère), le 23 octobre 1868, de Félix, Alphonse Rabot, chef de division à la préfecture et de Julia, Jacquette Caré. Il entre à l’École navale en 1884 et est nommé aspirant le 5 octobre 1887. Après de nombreuses affectations, cet officier breveté fusilier rejoint en 1900 l’état-major du Préfet maritime du 3e arrondissement maritime à Lorient et retrouve cette fonction en 1911. Lors de la déclaration de guerre, le commandant Rabot est en mission en Autriche. Il s’empresse de rejoindre la France et reçoit le commandement d’un bataillon de fusiliers-marins. Le 16 août 1914, il quitte Lorient à la tête de son bataillon de 1 200 marins «heureux et fier d’accomplir tout son devoir envers son pays.» Il disparaît au combat à Dixmude (Belgique) le 10 novembre 1914 à l’âge de 46 ans. Malgré la mort de leur commandant, les fusiliers ne faiblissent pas et en sa mémoire infligent de sérieuses pertes à l’ennemi.

Il fait partie des dernières victimes tombées devant Dixmude avant la prise de la ville par l’ennemi. Sa fin héroïque reste «un exemple de la bravoure légendaire des marins français, des marins de notre chère et patriote Bretagne Un service funèbre est célébré pour le repos de son âme en l’église Saint-Louis, le lundi 23 novembre 1914.

À la fin de la guerre, le retour des fusiliers-marins à Lorient déclenche l’enthousiasme de la population. Cette dernière assiste nombreuse, le dimanche 16 février 1919, à la messe de Requiem célébrée à l’église Saint-Louis en mémoire des officiers et marins morts à l’ennemi. Lors de cette cérémonie, l’abbé Pouchard, le valeureux aumônier des fusiliers-marins rappelle l’engagement des «Demoiselles de la Marine» et salue le commandant Rabot :

«Salut à vous, commandant Jeanniot, commandant Rabot, tous deux de cette Ville de Lorient, qui fûtes parmi les victimes de la première heure.
Salut à vous, marins du bataillon, combattants des Flandres et de la Somme, de Laffaux et de l’Ailette, dont nous recueillions, il y a seulement quelques semaines, les corps défigurés.
Salut à vous, enseigne de vaisseau Le Grand, quartier-maître Costard, enfants aussi de cette ville, qui fûtes parmi les victimes de la dernière heure.»

Il habitait la rue Carnot à Lorient. Son nom figure sur les plaquettes commémoratives de l’église Sainte-Anne d’Arvor, du lycée et sur le monument aux morts du carré militaire du cimetière de Carnel à Lorient. Il est également inscrit sur le mur de clôture du mémorial de Sainte-Anne d’Auray dans le Morbihan. Une stèle sur la sépulture de la famille au cimetière de Carnel rappelle sa mémoire. Carré 4 -Tombe n° 80.