Joseph Graignic

Lieutenant Joseph Graignic
Lieutenant Joseph Graignic

Joseph Graignic est né le 7 juillet 1895 à  Lorient et décédé le 19 septembre 1979 à Cornillé en Ille et Vilaine.

Il vit à Lorient dans le quartier de Kergroise avant-guerre puis rue Gabriel Hervoche après-guerre.

Il fut commandant, marin, tirailleur, aviateur de Verdun à l’Escadrille des Cigognes.

Commandeur de la Légion d’Honneur, médaille militaire, Croix de Guerre 14-18, Croix de Guerre T.O.E, Croix de Guerre Belge, médaille de Verdun, six citations, deux blessures.

Après deux ans dans la Marine Nationale, Joseph Graignic s’engage au 62e RI en 1913. Caporal en 1914, c’est lui qui a la charge de fermer les grilles de la caserne Bisson. Remarqué pour son courage, il est nommé agent de liaison sur les champs de bataille  au tout début de la guerre. Graignic se retrouve en première ligne, il doit se déplacer sur un terrain nu portant encore l’ancien uniforme garance, peu discret. Graignic se porte volontaire pour de nombreuses missions. Il est médaillé à plusieurs reprises de 1914 à 1917 et reçoit trois citations :

Avril 1915 : Cité pour son courage, son dévouement, et son grand sang froid au combat.
Mai 1915 : Cité pour avoir aidé à retirer du feu un soldat blessé et être retourné au combat après l’avoir mis à l’abris.
Septembre 1915 : Cité pour avoir rempli plusieurs missions périlleuses.

En 1918, il décide de devenir pilote, ce qui n’est pas aisé à une période où le  besoin en fantassins est le plus fort. Joseph Graignic est toutefois breveté en février 18 après seulement 15h d’initiations. Il se révèle être un très bon pilote et est envoyé à Pau pour être formé comme pilote de chasseur. Là-bas il apprend les acrobaties réservées aux meilleurs pilotes. Il échappe à la grippe espagnole qui sévit à Lorient en 1918. En juin 1919 il est cité pour ses qualités de pilote de chasse ainsi que pour avoir abattu un avion ennemi.

Après la Grande Guerre, il poursuit sa carrière militaire et continue de voler  jusqu’en 1934. Il vole en Syrie, au Maroc et au Liban sur des appareils obsolètes qui rendent le danger encore plus grand. Il est écarté du pilotage au début de la Seconde Guerre mondiale comme tous les  pilotes de plus de 35 ans, sujets au fameux voile noir. Joseph Graignic et sa famille se réfugie à Oran pendant le conflit par peur de représailles. En effet, pendant l’entre deux guerres il s’est rendu plusieurs fois en Allemagne et a rendu service à ce pays en leur ramenant du tissu de dirigeable.

Graignic est estimé par ses hommes pour ses qualités de chefs, son exigence mais aussi pour sa générosité et son côté très humain. Il met fin à sa carrière militaire, pour le bien de ses hommes, alors qu’il est commandant. Affecté au 31e de Tours, il est chargé de la dotation en matériel des pilotes. A ce moment, les parachutes sont réformés et doivent être remplacés. Les pilotes de Tours attendant  toujours le nouveau matériel, ces derniers sont contraints de faire leurs exercices aériens sans protection au risque de leur vie. Jugeant ce danger inutile, Graignic fait par de ses inquiétudes à ses supérieurs. Les nouveaux parachutes n’arrivant toujours pas, il décide de prendre son avion sans ordre de mission et va se poser sur le terrains de Melun-Villaroche, lieu de réserve des parachutes. Cette désobéissance permet au 31e d’avoir dans les jours qui suivent ses parachutes. Graignic est sanctionné pour cet acte par 45 jours d’arrêt. Face à cette situation, Graignic demande sa mutation. Refusée, il décide alors de démissionner. Il ne touche pas de pension avant un an alors qu’il a ses quatre enfants à charge.

Joseph Graignic est enterré au cimetière de Carnel à Lorient.