Le rationnement

Dès la première année de guerre, le manque d’aliments et d'articles apparaît en raison d’une baisse à la fois des productions et des surfaces cultivées, et des difficultés d’acheminement.

Le ravitaillement des soldats est prioritaire, les autorités réquisitionnent les denrées lorsque celles-ci manquent sur le marché libre. Les privations affectent le moral des Français. Le rationnement du pain, base de l’alimentation, est prévu dès 1915.

La mise en place de tickets de rationnement permet un approvisionnement et une répartition équitables des denrées. Les Français sont classés en catégories selon leur âge, leur profession, etc. Les aliments de première nécessité voient leurs prix multipliés par trois durant la guerre. Le marché noir se déploie et ceux qui possèdent un peu de terre cultivent ou élèvent des animaux pour subvenir à leurs besoins.

Grâce à son port, la ville de Lorient ne ressent le manque de nourriture qu’à la fin de la guerre. Cependant, les Lorientais se plaignent rapidement du coût de la vie.
En 1914, un fourneau économique destiné à nourrir les plus démunis touchés par la guerre est ouvert. Deux ans après, la municipalité fixe le prix maximum de la viande et de la charcuterie pour empêcher l’envolée des prix.

Fin janvier 1917, la Ville décide d’utiliser les terrains communaux inexploités ou  ceux des particuliers pour y planter des pommes-de-terre. Faciles à cultiver, elles sont estimées aussi indispensables que le pain. Les tickets de rationnement sont mis en place à Lorient à partir de décembre 1917. Les achats de pain, de pétrole puis de charbon sont successivement réglementés. Les tickets sont distribués ou mis en vente chez les marchands.
En 1918, à l’exemple de Rennes, Lorient décide de créer une boucherie municipale, rue Paul Bert, afin d’apporter plus de régularité dans le marché de la viande et de faire réduire les cours.