Les enfants

Graine de Poilus

Propagande à l'école
Propagande à l'école

Les enfants dans la guerre

La Première Guerre mondiale est le premier conflit où l’enfant est autant impliqué. Celui-ci est militarisé et devient un instrument de propagande. Il est la principale justification de la guerre : le combat est nécessaire pour assurer un meilleur avenir à ses enfants.

La société veut encadrer l’interprétation de la guerre. Dès la rentrée 1914, l’école réorganise son enseignement et axe les leçons sur le présent. Cette place consacrée à la guerre diminue à partir de 1916, en raison d’une certaine lassitude et d’un regain du pacifisme.

L’absentéisme croissant se fait aussi sentir à cause de l’aide que doit apporter l’enfant à la maison. Néanmoins, à Lorient, la diminution du nombre de classes entraîne le refus d’élèves. Les écoles organisent des visites aux blessés, des quêtes, la rédaction de courriers et la réalisation d’objets pour les soldats sans famille, la collecte et la récupération de matières premières devenues rares…

En 1917, les « lopins scolaires »sont créés, les élèves cultivent des pommes de terre et élèvent du petit bétail dont le bénéfice est reversé aux œuvres de charité. Ainsi les élèves du Lycée de Lorient et de l'Ecole primaire supérieure de garçons aident les jardiniers municipaux à cultiver des pommes de terre. L’écolier sert aussi à sensibiliser la population aux économies et à l’effort de guerre.

Les enfants sont aussi utilisés comme main-d’œuvre : tourneurs d’obus, livreurs, vendeurs de journaux, aiguilleurs de tramways ou dans les garderies.

L’enfant est embrigadé par ses lectures et par ses jeux. Les ouvrages édités veulent intégrer l’enfance dans la guerre, ils ne cachent pas les violences des combats et relatent aussi des faits notoires d’enfants comme les « fugues héroïques » où des grands enfants quittent le domicile pour combattre sur le front.

Jusqu’au début de la guerre, l’Allemagne a le monopole de la fabrication des jouets. Pour briser cette domination, la France encourage la production nationale à partir de 1914. Dès Noël 1914, 50% des nouveautés des grands magasins sont des jouets en lien avec la guerre : jeux de hasard, de rôles, d’adresse, de stratégie. Le jouet répond au besoin d’explication du conflit, il est engagé, porteur de messages. Bien souvent, les enfants se fabriquent eux-mêmes leurs jouets, déguisements, tranchées, etc. Certains soldats fabriquent aussi des jouets sur le front pour leurs enfants.

Le 27 juillet 1917, une loi fixe le statut de Pupille de la Nation. Les enfants orphelins de guerre sont symboliquement adoptés par la Nation.