Françaises en guerre

Les femmes sur un autre front

Appel aux femmes de France par le Président du Conseil des ministres
Infirmières
Fabrication d'obus
Appel aux femmes de France par le Président du Conseil des ministres
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Infirmières
Fabrication d'obus
Infirmières
Appel aux femmes de France par le Président du Conseil des ministres
Infirmières
Fabrication d'obus
Fabrication d'obus

En 1914, 32% des femmes ont déjà une activité (standardiste, couturière…). Néanmoins avec la mobilisation générale, l’Etat doit maintenir sont économie et participer à l’effort de guerre. Le travail des femmes est nécessaire pour répondre aux besoins de la nation mais aussi pour répondre aux besoins de leurs propres familles. Les Françaises apportent leur aide dans différents domaines. Des images de propagande représentant des femmes au travail sont distribuées au front pour rassurer les hommes.

Le 7 août 1914, le Président du Conseil René Viviani lance un appel aux Françaises. Dans l’idée que la guerre sera courte, il demande le travail des femmes surtout les épouses d’agriculteurs. La France est encore très rurale à l’époque. La réquisition des chevaux accentue la difficulté du travail de la terre.

Les infirmières ou « Anges blancs » prêtent main-forte dans les hôpitaux. Toutes les femmes ne sont pas diplômées, les auxiliaires suivent donc auparavant une formation obligatoire d’une semaine. En 1918, on recense 110 000 infirmières, auxiliaires ou visiteuses hospitalières dont 70 000 bénévoles. Lucie Ollichon et Adèle Etiennot sont deux Lorientaises infirmières et mortes pour la France. Certaines jeunes filles confectionnent des bandages ou du linge pour les blessés dans les ateliers de charité et d’éducation. Les « midinettes » confectionnent les uniformes des soldats.

Des femmes deviennent « marraines de guerre » et soutiennent le moral des soldats par l’envoi de courriers. A partir de 1915, les femmes ouvrières sont mobilisées, les « munitionnettes » remplissent les usines d’armement, c’est le cas de Marie Nicolas en 1916. Après la mort de sont mari, elle entre à l’arsenal de Lorient comme munitionnette pour subvenir aux besoin de ses quatre enfants. Le travail dans les usines doit auparavant être autorisé par le mari qui est au front si l’épouse est mineure.

Les femmes travaillent plus de dix heures par jour mais aussi la nuit. Le matériel adapté à la taille et à la force des hommes rend la tâche encore plus difficile. Des crèches sont ouvertes, comme à Lorient en 1917, afin de permettre aux mères de participer elles aussi à l’effort de guerre. Les Françaises remplacent aussi les hommes dans les services publics et les grandes administrations. Elles deviennent factrices, employées du gaz, conductrices ou receveuses de tramways… Le 29 avril 1915, la Ville de Lorient installe des strapontins à l’usage des femmes employées dans les tramways. Enfin les services de renseignement sont eux aussi en manque de main-d’œuvre.

Quelques femmes acceptent par patriotisme, vengeance, besoin d’argent, goût du risque…de devenir espionne pour leur pays en collectant des informations sur l’ennemi ou en portant des messages. La récession de l’industrie du textile et l’engagement des femmes dans la vie active fait changer leur mode vestimentaire : les jupes mais aussi les cheveux se raccourcissent, les bras se dénudent…

Cependant cette émancipation ne perdure véritablement que chez les intellectuels et la bourgeoisie éclairée après la guerre. Au lendemain de l’Armistice, les hommes souhaitent reprendre leur place. Ce retour se passe mieux à la campagne qu’en ville ou les femmes sont dans l’obligation de quitter leur emploi sous trois semaines. La plupart retrouve leur vie d’avant 14.