L'uniforme

Uniforme du Poilu, bataille de la Marne
Uniforme du Poilu, bataille de la Marne

A la fin du XIXe siècle, les états-majors des différentes nations  prennent conscience, durant la guerre des Boers, de la nécessité de réformer l’uniforme des militaires afin qu'il soit moins voyant et plus fonctionnel.


Entre 1903 et 1914, différentes tenues de couleurs neutres sont essayées par l’armée française mais aucune réforme ne suit. Des instructions fermes sont données le 27 juillet 1914 mais il est trop tard, celles-ci ne sont appliquées qu’après la bataille de la Marne en septembre 1914.

Au début du conflit, les magasins d’habillement sont dévalisés et une pénurie de drap de laine qui sert à la confection des vêtements militaires survient. L’évolution de l’uniforme des armées françaises est caractérisée par deux phases durant la Première Guerre mondiale. De la guerre de mouvement au début de la guerre de position, le soldat français est habillé et équipé de manière vétuste et ancienne.

L’uniforme est très visible et s’avère non adapté aux conditions climatiques. Le soldat est chaussé de brodequins cloutés recouverts de jambières (puis de bandes molletières) et vêtu d’une grande tunique bleue et d’un pantalon rouge garance. Il est coiffé d’un képi « rouge » recouvert d’une coiffe bleue. L’armement et l’équipement sont inconfortables. L’uniforme « bleu-horizon », bien que produit dès 1914, n’arrive qu’avec la guerre de tranchées, il est mieux adapté et plus commun. Les officiers sont équipés en décembre 1914, les soldats en janvier 1915.

A Lorient, c’est le 1er octobre 1914 que les tailleurs de la ville exposent le nouvel uniforme. Le nom donné à la teinture de l’uniforme fait référence à la ligne bleue des Vosges (frontière derrière laquelle se trouvaient l’Alsace et une partie de la Lorraine). L’armée choisit cette couleur car elle pense que le soldat se voit d’abord au loin donc près de la ligne bleue du ciel. L’uniforme est agrémenté d’un passepoil et d’insignes de col dont la couleur change selon l’arme du soldat.

Les Poilus sont équipés du casque Adrian à partir de septembre 1915, les protégeant mieux des tirs dans les tranchées. Avant le port de ce casque, 77% des blessures de guerre sont à la tête, le taux diminue  à 22% ensuite. Un attribut métallique fixé par une agrafe-crampon sur le devant du casque représente le régiment : une grenade surmontée d’une flamme pour l’infanterie, une ancre pour l’infanterie coloniale,  une grenade brochant deux canons croisés pour l’artillerie,  le caducée pour le service de santé  etc.  Les soldats sont aussi munis de nouveaux équipements comme « le vengeur » qui est un couteau-poignard ou d’une baïonnette surnommée « Rosalie » par référence à la fameuse chanson de Théodore Botrel.

Le Barda

Le soldat reçoit à la mobilisation un sac d’environ 28 à 30 kilos comprenant : une gamelle, un quart, des couverts, un bidon de 1 litre, une lanterne pliante, un nécessaire à couture, un caleçon, une chemise, une cravate, un mouchoir, une ceinture, un ouvre-boite, un rasoir, une boîte de balles... Il est équipé d’un fusil Lebel et de sa cartouchière ainsi que d'une épée baïonnette à triple arête.