Les prisonniers de guerre

Les soldats français faits prisonniers sont  envoyés sur le territoire du Reich, ils seront plus de 500 000 entre 1914 et 1918.  Parmi eux 10 000 Morbihannais. 175 camps principaux allemands accueillent des groupes d’importance variable.

La vie dans les camps est rythmée par différentes corvées. Comme au front, le moral des prisonniers dépend de la nourriture, bien souvent peu abondante, et du courrier bien que censuré. La visite de personnes dites neutres est parfois possible. Pour combattre le  cafard, les prisonniers organisent des activités comme du théâtre, du sport mais créent aussi des orchestres, des journaux, des revues artistiques. C'est parfois fait dans la clandestinité. Selon le statut de la personne mais aussi le type de camp, la vie est plus ou moins difficile. Certains  camps n'ont pas l’électricité, d'autres pas de baraques en dur mais de simples toiles tendues. Les latrines sont parfois de simples tranchées, les douches se résument parfois à un simple robinet.  Certains PG réussissent à s’évader comme Henri Le Fur du 262e RI de Lorient, à la fin décembre 1915. Son évasion du camp de Hoxtel vers la Hollande est narrée dans le Nouvelliste du Morbihan. D’autres sont moins chanceux comme Francis Le Brechec, qui est interné au camp de représailles de Neunkirchen en Westphalie.

Les prisonniers allemands arrivent dans le Morbihan dès août 1914. Alors que des camps sont organisés à Belle-Ile, Groix, Quiberon et Coëtquidan, à Lorient, les prisonniers sont logés et nourris à l’Arsenal et placés sous la surveillance de la Marine. Ils sont en baraquement ou sur des navires, le Dévastation qui peut accueillir 500 prisonniers et le Tibre. Ils sont rapidement mis à contribution pour pallier le déficit de main d’œuvre. En décembre 1916, la ville de Lorient demande vingt prisonniers pour la construction d’écuries provisoires. L'entreprise Bonnardel et Léonard, adjudicataire des travaux de la grande Forme couverte de l'arsenal, obtient une cinquantaine de prisonniers de guerre à partir d'octobre 1916. Ils sont moins nombreux en 1918 mais restent présents sur le chantier jusqu'en janvier1919.

Arrivée de convois de prisonniers allemands en Bretagne. 7Fi240 - © Archives de Lorient
Arrivée de convois de prisonniers allemands en Bretagne. 7Fi240 - © Archives de Lorient