Les permissions

114e RI au repos à Bruay-en-Artois
Départ des permissionnaires, 01/07/1915
114e RI au repos à Bruay-en-Artois
114e RI au repos à Bruay-en-Artois
Départ des permissionnaires, 01/07/1915
Départ des permissionnaires, 01/07/1915

La permission est une pratique militaire de temps de paix. Au début de la guerre, celle-ci étant pensée courte, les permissions ne sont pas prévues. Seuls les blessés évacués du front peuvent passer quelques jours dans leur famille.

Néanmoins face à un conflit qui semble durer, l’Armée accorde aux soldats une absence de six jours tous les quatre mois, à tour de rôle, à partir de juillet 1915.

Les soldats paysans sont prioritaires afin de soutenir la vie économique du pays. La permission est l’élément qui influe le plus sur le moral des troupes. Le retour du poilu à l’Arrière fortifie la confiance entre les soldats et la population.

Le Grand Quartier Général gère l’attribution, la réduction ou la suppression des congés en fonction de la situation des combats et de l’attitude du soldat. La permission est caractérisée par le passage d’un monde à l’autre. Le retour à l’Arrière est souvent idéalisé. Le manque d’informations des civils, dû à la censure et la propagande, crée souvent une incompréhension avec le soldat.

Durant ses heures de détente le Poilu recherche bien souvent des plaisirs simples : la fête, l’alcool, les rapports sexuels…Il en profite parfois pour faire du tourisme ou bien pour faire des photos dans des studios, vêtu de son uniforme.

Le milieu ferroviaire est un instrument et une étape du passage entre le front et l’Arrière. Les permissionnaires utilisent principalement le train pour faire leurs voyages. Les trains spéciaux qu’ils utilisent cumulent souvent des dysfonctionnements : lenteur, retard, matériel dégradé, wagon mal éclairé, mal chauffé. Tout ceci entraine bien souvent des contestations de la part des Poilus face au personnel des gares, qui est qualifié d’«embusqué».

Avec la crise du moral de 1917, les graffitis et dégradations des wagons, chahuts, insultes et coups deviennent systématiques dans les gares.