Le courrier

Pochette pour lettres du front
Pochette pour lettres du front

Environ 80 000 colis et 7 millions de lettres sont envoyés tous les jours de 1914 à 1918.Le courrier est gage de moral, il informe, rassure, permet de ne pas se faire oublier.

En janvier 1915 est créée la première association de marraines de guerre suite à des demandes de soldats orphelins. Des femmes de tout âge et de toutes classes sociales s'engagent à établir une correspondance hebdomadaire, simple, patriotique et chargée d'affection ainsi qu'à l'envoi d'un à trois colis mensuel, au filleul qui leur est attribué. Le succès des marraines est immédiat, il est rapidement proposé à tous les soldats. Les marraines ont alors pour obligation de garder les lettres reçues pour les donner à la famille du soldat en cas de disparition.

A partir de 1917, le nombre de marraines ne suffit plus à répondre aux demandes des Poilus. Certaines marraines et filleuls se marieront à la fin de la guerre. Durant toute la durée du conflit, les soldats bénéficient d'une franchise militaire qui leur permet d'envoyer gratuitement du courrier. Le Poilu écrit en moyenne tous les deux ou trois jours. Chaque jour il attend la venue du vaguemestre, espérant recevoir des nouvelles.

Des cartes postales sont éditées, décorées d'un faisceau et de drapeaux entrecroisés avec la mention "correspondance des armées de la République", elles permettent de soutenir le moral des troupes et une censure plus facile.

Anastasie, comme on la nomme, est mise en place dès août 1914 et débute dans le Morbihan en septembre. Des officiers sont chargés de contrôler, au hasard à cause du trop grand nombre, une partie des correspondances venant du front et de l'arrière. Les soldats ont interdiction de mentionner leur numéro de régiment, le lieu où ils se trouvent, d'évoquer les combats, de donner les chiffres des pertes, de porter un jugement sur un officier, d'avoir des propos défaitistes ou pacifistes.

La censure a pour objectif de maintenir le moral et de ne pas divulguer des informations à l'ennemi. Chaque semaine, les censeurs établissent un rapport sur le "moral des troupes" après la lecture des lettres. Les familles craignent de recevoir leur courrier avec la mention "le destinataire n'a pu être touché à temps". Cela signifie que le soldat est mort, blessé, disparu ou prisonnier.