Bataille de Maissin

Un triste record

Carte religieuse décès de François Kerdelhué
Carte religieuse décès de François Kerdelhué

En août 1914, les Allemands envahissent le territoire belge et se dirigent vers la France. La Belgique inflige de nombreuses défaites aux troupes allemandes. L’affront est d’autant mal perçu qu’il est considéré comme servant la France. Les représailles sont violentes. Les troupes françaises défendent les frontières franco-belges et franco-allemandes, c’est « la bataille des frontières ».

Les soldats français sont envoyés dans différentes zones de combats : en Haute-Alsace, dans les Vosges, les plateaux lorrains, le sillon Sambre-et-Meuse et dans les Ardennes belges.

Le 22 août marque l’histoire militaire française car la France connaît sa plus grande perte en hommes : 27 000 morts en un jour.

Le 11e Corps d’Armée breton et vendéen est envoyé dans le Luxembourg belge le 21 août 1914. Le 62e Régiment d’Infanterie basé à Lorient et commandé par le colonel Costebonel en fait partie.

C’est dans le village de Maissin, carrefour stratégique situé au milieu d’une clairière de la forêt des Ardennes que les Bretons rencontrent pour la première fois l’ennemi. Après sept heures de combat contre la 25e Division d’infanterie de Hesse du 18e Corps d’Armée allemand, Maissin est provisoirement aux mains des Français le 22 août. Les Allemands reçoivent des renforts dans la nuit et reprennent le village le lendemain. Lors du combat, plus de 70 maisons sont incendiées, seules 25 maisons restent debout, le bétail est décimé, les récoltes ravagées et dix habitants meurent au cours de la bataille. D’autres sont fusillés par les Allemands. Les pertes sont quasi équivalentes dans les deux camps. L’armée française perd presque 4200 hommes dont 31 Lorientais.

En 1932, un « calvaire breton » datant du XIe siècle et provenant de Tréhou (Finistère) est inauguré à Maissin. Au cœur de la nécropole franco-allemande, celui-ci commémore le sacrifice des Bretons.