Le front

Carte extraite de "Aperçu sur la guerre 1914-1918"
Carte extraite de "Aperçu sur la guerre 1914-1918"

De nombreuses images fixes ou animées représentant le front sont produites pendant la guerre. Celles-ci proviennent des soldats eux-mêmes ou de personnes missionnées par l’Etat. En 1912, apparait le Vest Pocket. Cet appareil photo  Kodak de petite taille est utilisé par de nombreux soldats pour garder une trace de ce qu’ils vivent dans les tranchées.

Durant la guerre, certains journaux s’adaptent et illustrent petit à petit leurs articles avec des photographies et non plus des dessins. Le Miroir par exemple organise des concours dès 1914 pour renouveler les images du conflit qu’il diffuse. Les récompenses attribuées motivent les amateurs à chercher le scoop.

Le 2 mai 1915, le Miroir publie le premier instantané d’un combat : une explosion d’obus. En 1916, l’Armée interdit, sous peine de passage en conseil de guerre, de prendre en photos les zones de combat sans autorisation. L’armée a recours durant toute la durée de la guerre à des photographes, militaires de carrière, dont elle peut contrôler le discours.

En novembre 1914, des peintres aux armées sont envoyés en mission par le musée de l’Armée pour constituer une collection nationale. En 1916, le relais est passé au musée des Beaux-arts. Le général Niox qui en est le directeur souhaite que des peintres représentent les épisodes les plus intéressants des combats ainsi que les portraits des chefs militaires. Ces missions sont basées sur le volontariat mais seuls les peintres âgés, ou exemptés de service militaire pour raison de santé, sont envoyés, les autres partent, comme tout mobilisé, comme soldats. Les Vallotton, Vuillard, Denis sont transportés jusqu’aux zones de combat par le train ou par automobile. Munis succinctement, ils font des croquis ou dessins rapides qu’ils retravaillent ensuite en atelier. Toutes ces œuvres restent propriétés de leur auteur et sont exposées aux Invalides aux côtés des trophées pris aux Allemands. Les poilus critiquent beaucoup ces œuvres leurs reprochant de ne pas représenter la guerre telle qu’elle est.

Les moments de pause ou de moindre activité dans les tranchées permettent aussi aux soldats talentueux de griffonner ou de peindre ce qui les entoure. Ils représentent peu les destructions et les férocités des combats mais plutôt le quotidien.