1914

Une guerre imaginée courte

Depuis la fin du XVIIIe siècle et la propagation des idées de la Révolution, l’autodétermination nationale est prônée. On considère que les peuples ayant les mêmes origines ethniques et qui partagent la même langue et les mêmes idéaux politiques ont le droit de s’ériger en état indépendant. Fort de cette conviction un jeune nationaliste serbe assassine le 28 juin, l’archiduc François Ferdinand, prince héritier de l’Empire austro-hongrois à Sarajevo. L’Empire d’Autriche-Hongrie occupe à l’époque la Serbie. Un mois après, celui-ci déclare la guerre à la Serbie. Le jeu des alliances généralise rapidement le conflit, la France se retrouve aux côtés de la Russie puis de l’Angleterre, face à l’Allemagne et l’Autriche-Hongrie.

La France ordonne le 2 août la mobilisation générale des hommes de 19 à 51 ans. L’annonce est reçue dans le calme à Lorient. Les soldats sont réunis dans différents bâtiments communaux et des immeubles particuliers.  Le lendemain l’Allemagne déclare la guerre à la France. Les régiments partent pour le front dans la semaine.

La France n’est pas en position favorable au début de la guerre. En effet, au début de la IIIe République, l’armée a été réorganisée et les hauts gradés ont été choisis, plus pour leurs sentiments républicains que pour leurs qualités militaires.

L’Allemagne a un atout : la lenteur présumée de la mobilisation de l’armée russe lui permet de se concentrer sur le front occidental et peut lui assurer une victoire-éclair, avant de s’attaquer au front Est. L’Empire applique le plan Schlieffen dès le 3 août. Ebauché vingt ans plus tôt, celui-ci prévoit l’invasion de la Belgique et la prise à revers de l’armée française concentrée à l’Est de son territoire. La France, quant à elle, applique le plan XVII. Celui-ci prévoit la mobilisation et la concentration des forces françaises. Le 4 août, l’Empire allemand envahit la Belgique, bien que pays neutre, et avance vers Paris. Les Français essayent de ralentir les troupes allemandes durant le mois d’août, c’est la « bataille des frontières » qui se solde par un échec. La France connaît la journée la plus meurtrière de son histoire militaire le 22 août. C’est à Maissin que l’on recense le plus de morts. A Lorient, c'est la consternation : 31 soldats tués.

Parallèlement, le gouvernement français se réfugie à Bordeaux.  La réussite de la bataille de la Marne, du 5 au 12 septembre, ralentit la progression des troupes allemandes et permet aux Français de continuer leur retraite de manière cohérente. C’est alors « la course à la mer », les belligérants essayent de prendre l’armée adverse à revers ce qui les conduit jusqu’à la mer du Nord. La bataille de Dixmude s’inscrit dans cette offensive, faisant de lourdes pertes parmi les fusiliers marins, parmi eux 41 Lorientais. Les Européens prennent conscience que le conflit sera plus long et plus dur que prévu. La France, le Royaume-Uni et la Russie renforcent leurs accords militaires et s’engagent à ne pas signer de paix séparée. Le combat évolue d’une guerre de mouvement en une guerre de position, les premières tranchées sont creusées en octobre. Les avions auparavant utilisés pour photographier les positions des différentes armées sont utilisés pour la première fois pour des combats aériens.

En cinq mois, Lorient perd 304 hommes. Les hommages sont publics et privés, solennels ou modestes : cérémonie pour les Lorientais morts au front au cimetière de Lorient le 2 novembre mais aussi changement d'enseigne fin août de la boulangerie du cours de la Bove, de Boulangerie Viennoise en  Boulangerie Liégeoise.

28 juin : L'archiduc François Ferdinand, prince héritier de l'empire austro-hongrois est assassiné à Sarajevo par un étudiant nationaliste serbe.

28 juillet : L'Autriche-Hongrie déclare la guerre à la Serbie. Le conflit va se généraliser par le jeu des alliances.

1er août : L'Allemagne déclare la guerre à la Russie.

2 août : La France ordonne la mobilisation générale des hommes de 21 à 51 ans.

3 août : L'Allemagne déclare la guerre à la France.

4 août : L'Allemagne envahit la Belgique, bien que pays neutre, dans le cadre du plan Schlieffen. Les Allemands souhaitent contourner les armées françaises par le nord afin d'éviter un combat frontal et atteindre ensuite Paris. Toutes les grandes nations européennes entrent dans le conflit avec l'idée qu'il sera court.

22 août : Première bataille des Ardennes. Les Français essayent de ralentir les troupes allemandes, c'est la " bataille des frontières ". C'est un échec.

29 août : Bataille de Guise (Aisne). Elle contribue à la réussite de la bataille de la Marne. Les Français ralentissent la progression des troupes allemandes leur permettant de continuer leur retraite de manière cohérente.

29 août au 8 décembre : Le gouvernement français se réfugie à Bordeaux.

30 août : Victoire des troupes allemandes sur les russes à Tannenberg. Les Européens prennent conscience que le conflit sera plus long et plus dur que prévu.

3 septembre : Renforcement de la Triple-Alliance. La France, le Royaume-Uni et la Russie renforcent leurs accords militaires en s'engageant à ne pas signer de paix séparée, donnant ainsi un fondement politique stable à la Triple-Alliance.

6 septembre : Le général Joffre rétablit les conseils de guerre et ce jusqu'au 27 avril 1916.

6 au 12 septembre : La bataille de la Marne arrête l'avancée des troupes allemandes. Octobre : Début de la guerre de tranchées.

5 octobre : Premier combat aérien. Un avion allemand est abattu par des Français près de Reims. Auparavant les avions militaires servaient seulement à photographier les positions des différentes armées.

28 octobre : La Turquie entre en guerre au côté de la Triple-Alliance.

5 novembre : La France et le Royaume-Uni entrent en guerre contre l'Empire ottoman.

Décembre : Une permission de 7 jours de convalescence est accordée aux blessés à partir de leur sortie de l'hôpital.