Mémoire portuaire, Jean-Paul Jappé

dessins et peintures 1948-2017

© Archives de Lorient
© Archives de Lorient

Exposition à l'Hôtel Gabriel - Enclos du port
Du 1er juillet au 1er octobre

Ouverture :

De 14h à 18h
- En juillet et août, tous les jours (sauf le 3 juillet)
- En septembre, du mardi au dimanche
Entrée libre
Visites guidées à 15h :
- Mardi 11 juillet
- Jeudi 17 août
- Mercredi 20 septembre

Le port de pêche de Lorient-Keroman exerce depuis près de 70 ans une forte attraction auprès de Jean-Paul Jappé. Il est le plus assidu et le plus prolifique des artistes qui fréquentent le site : plus de 600 dessins et près de 200 peintures !
Pour célébrer le 90e anniversaire du port de pêche, le service des Archives a choisi de dévoiler le travail de cet artiste hors du commun.




Jean-Paul Jappé, né en 1936 à Lorient, suit une formation artistique à l’école des Beaux-Arts de Quimper tout en travaillant pour la Faïencerie d’art de Kéraluc. Il complète sa formation à Paris à l’Académie Charpentier puis à l’école des Métiers d’Art.
Revenu sur Lorient, il  travaille chez l’architecte Henri Conan  puis devient enseignant à l’École d’Art où il exerce de 1970 à 1996. Entre Lorient et l’île de Sein, il n’a jamais cessé de dessiner, peindre et d’exposer.

Jean-Paul Jappé peint sur le motif. Au début de sa carrière, son œuvre est marquée par l’art abstrait. Puis, il affirme des sujets figuratifs du monde bâti. La sélection des 110 dessins et 50 tableaux présentés à l’Hôtel Gabriel permet d’embrasser l’évolution artistique de cet infatigable peintre du port. Elles rendent compte aussi des transformations du site, l’œuvre de Jean-Paul Jappé étant fondée sur l’observation.

L’artiste exploite une grande variété de motifs et de sujets, les bateaux à quai, en réparation, en destruction, les caisses, les filets, les poissons, la Glacière, les magasins, les usines, les camions, la passerelle… Depuis ces dernières années, il élargit son travail au quartier de La Perrière, les rues, les commerces…

Ses compositions sont basées sur des formes géométriques simples. Il marque les traits essentiels des éléments. De plus, il utilise des éléments architecturaux, comme celle de l’architecture civile et industrielle dont il accentue les lignes verticales et horizontales. Il a une touche nerveuse qui lui permet d’amplifier les mouvements dans ses compositions.

Pour les croquis esquissés sur le vif, il utilise une technique mixte et des textures variées qui vont de la touche à l'aplat en passant par des hachures. Le blanc apparaît comme équivalent de la lumière. L'artiste transpose la qualité de la lumière et la subtilité des ombres. L'utilisation de l’encre de Chine, du graphite et du fusain lui permet de créer des noirs intenses et mats grâce à la superposition de matière. Il crée une grande variété de gris, de brun, ou de noir, ce qui  permet une modulation de teintes et de produire des effets de texture. Il crée des tensions douces dans le modelé en passant du sombre au clair, ce qui donne du relief à ses compositions. Le clair-obscur définit la profondeur et révèle les ombres. Il raisonne en termes de forme qui semble lumineuse ou absorbe la lumière. Il réalise des effets fondus et d'estompes.

Dans ses peintures, il recherche un équivalent pictural à la lumière par le biais d'estompage de la couleur. Par exemple pour le ciel et la mer, il utilise des petites taches de différents tons, cela lui permet de faire des reflets et de retranscrire une certaine matérialité. Il rend la luminosité grâce au jeu entre les touches de couleurs et le fond plus clair.

Il recherche un accord entre le dessin et la couleur, qui est vive et tranchée, avec un souci d'harmonie. Il travaille en larges plans de couleurs, essentielles dans la  construction de ses œuvres.